Nous oublions parfois que notre être n’est pas seulement un cœur qui bat ou un corps qui bouge ou un esprit qui pense. Il est tout cela à la fois. Pour notre bien-être, il est donc primordial d’accorder ces trois parts de nous-mêmes et de trouver notre cohérence intérieure.

Lorsque nous sommes cohérents dans nos dimensions cœur, corps, esprit, nos relations avec les autres se clarifient et nous établissons par extension une meilleure cohérence avec le monde qui nous entoure. En utilisant à bon escient nos multiples facettes, nous trouvons plus facilement notre place au sein de notre environnement et nous pouvons y évoluer avec davantage de discernement et de justesse.

La cohérence cœur-corps-esprit nous amène à être et à manifester le meilleur de nous-mêmes, en nous ramenant naturellement à notre force et notre unicité. Elle est le préalable à une liberté tant individuelle que collective, respectueuse de l’harmonie de l’ensemble à laquelle chacun contribue déjà par sa simple présence.

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Nous avons envie d’être heureux, de réussir nos projets et de nous épanouir dans les différents domaines de notre vie. Mais la réalité peut être tout autre : nous nous morfondons dans notre vie personnelle et professionnelle, nous ne parvenons pas à concrétiser nos envies et nos rêves, nous déprimons, nous craquons.

Lorsque notre souffrance déborde, nous ne parvenons plus à la contenir et nous commençons à la déverser autour de nous.

Nous créons alors encore plus de blocages et de résistances, pour nous-mêmes et pour les autres, face à ce qui pourrait pourtant nous amener au bonheur et à l’abondance. Le monde nous paraît de plus en plus sombre, hostile, menaçant.

Il existe pourtant sur Terre des coins paradisiaques où la faune, la flore, les rivières nous enchantent par leur beauté et leur intelligence.

Le soleil, le ciel, l’océan sont des sources d’inspiration magnifiques et nous offrent, sans rien attendre en retour, une lumière et une immensité qui peuvent nous combler entièrement.

Comment se fait-il que certains choisissent d’accueillir les merveilles de la nature alors que d’autres préfèrent s’agripper à des possessions qui peuvent à tout moment leur échapper ?

Comment expliquer que certains reçoivent sans peine les cadeaux de la vie alors que d’autres travaillent laborieusement pour à peine subvenir à leurs besoins ?

Contrairement aux apparences qui pourraient de prime abord sembler injustes, il existe une logique de fonctionnement parfaitement équilibrée qui régit les interactions complexes de notre écosystème.

Une connaissance fine des lois de la nature nous permet de comprendre les règles du fonctionnement humain et sociétal et d’agir à bon escient pour ne pas les subir. C’est en nous connaissant nous-mêmes que nous pouvons connaître les lois de notre environnement et de l’univers dans lequel nous évoluons.

La connaissance de soi commence par une observation neutre de qui nous sommes et par l’acceptation de toutes nos facettes.

Apprendre à se connaître est un processus de liberté qui ne peut pas être appréhendé par une méthode, mais nous pouvons appliquer des principes de bon sens, par exemple la cohérence globale de qui nous sommes.

La force d’être soi

« La plus grande force, c’est d’être soi-même. »

Lorsque l’on est soi-même – comme tout enfant l’est au début de sa vie, c’est-à-dire davantage dans le moment présent et dans l’action que dans la réflexion et les projections –, on ne se pose pas la question de savoir qui l’on est : on est.

Lorsque l’on devient une autre personne que soi-même par la construction progressive d’une image ou d’une personnalité, on n’est plus qui l’on est, et on peut se demander à juste titre à qui appartiennent les pensées, les émotions et les sensations qui nous perturbent et nous affaiblissent.

L’information qui est proposée par des instances extérieures, ainsi que par les sens et l’intellect, n’est pas une vérité objective, mais une double interprétation (de la part de ceux qui la diffusent et de ceux qui la reçoivent) et par conséquent, une vérité subjective et incomplète.

Je me demande toutefois s’il n’existe pas une source commune à toutes ces informations, une forme de vérité immanente, absolue, mouvante, aussi ineffable qu’une fraction de vibration, mais accessible lorsque nous sommes en unité, en harmonie, en cohérence avec nous-mêmes.

Quelques pistes vers la cohérence intérieure

Vibration

Ce que nous comprenons au niveau rationnel et intellectuel représente une partie restreinte du message que nous recevons. Le reste repose sur une impression diffuse qui imprègne en amont notre interprétation.

Nous croyons souvent que nous percevons les choses telles qu’elles sont, mais en réalité nous percevons ce que nous croyons ou pensons percevoir, c’est-à-dire une vérité partielle et partiale. Cela n’empêche pas notre part subconsciente de saisir davantage de composantes du message.

Nous pouvons alors constater une distorsion entre notre ressenti et notre réflexion. Ensuite, chacun est libre d’approfondir ou non sa conscience perceptive, selon ses envies ou ses besoins.

La nature de tout élément est vibratoire et informationnelle, dans le sens où tout objet physique est constitué d’ondes et de particules oscillantes, et essentiellement de vide, et que sa raison d’être est l’information dont il est détenteur.

L’information est définie ici comme étant ce qui donne forme à l’esprit.

Si nous apprenons à décoder le sens de la vibration qui sous-tend toute information – que celle-ci apparaisse sous forme d’énergie, d’objet, de mot, de pensée, d’émotion, de sensation, d’intuition –, nous pourrons entrer plus en profondeur dans la compréhension et la connaissance.

Ecouter

Savons-nous encore regarder, écouter, sentir ? C’est-à-dire poser le regard sans commenter ou étiqueter, tendre l’oreille sans chercher à comprendre intellectuellement, ressentir ce qui se passe dans le corps sans réagir par la saisie ou le rejet.

Comprendre sans comprendre, percevoir sans percevoir, vivre en vivant sont autant de portes d’entrée vers une conscience élargie et lucide.

Élan créatif : l’air des pensées

Inspirer consiste à prendre de l’air à l’extérieur pour nourrir nos poumons et oxygéner notre sang. Nous pouvons aussi inspirer les pensées qui surgissent en nous et autour de nous.

A qui appartiennent ces pensées ? Les créons-nous ou les attrapons-nous au vol ? Comment se fait-il qu’elles aient le pouvoir de nous envahir ? Leur rajoutons-nous une signification inappropriée ?

Ne pourrions-nous pas au contraire apprendre à ne pas nous identifier à elles ? Comme nous pourrions apprendre à ne pas nous identifier à notre prénom, notre nom, notre famille, notre métier, notre culture, qui d’une certaine manière nous formatent et nous délimitent.

Prendre le temps d’avoir du temps

Après un repas copieux, la première chose à faire n’est pas d’enchaîner un autre bon repas, mais de digérer, n’est-ce pas ? Nous laissons notre système digestif faire son travail, sans avoir à intervenir ni à contrôler ce mécanisme physiologique complexe.

Mais, après une réflexion intense, pensons-nous à prendre le temps de faire une pause avant de repartir de plus belle ? Heureusement, lorsque nous ne parvenons pas à écouter notre esprit, notre corps se charge de nous alerter. C’est alors parfois un mal de tête qui nous force à nous arrêter.

D’ou vient cette pression qui nous pousse à aller toujours plus vite, à être toujours plus efficace, plus performants ?
Pourquoi nous sentons-nous obligés d’y adhérer ?

Etre le premier, le meilleur, est-ce cela notre objectif ? Et si le but était d’arriver le dernier, d’être le plus lent, comment agirions-nous ? Et s’il n’y avait plus de but du tout ?

Vous est-il déjà arrivé de préparer votre réplique alors que votre interlocuteur était en train de parler, de répondre avant même qu’il ait terminé sa phrase, ou inversement d’être coupé avant d’avoir fini de vous exprimer ? Moi, oui.
Pourquoi sommes-nous si pressés de parler ?

Avons-nous peur de ne pas avoir le temps de nous exprimer ? Est-ce parce que nous avons envie de faire bonne figure ? Cela me rappelle les gens qui montent précipitamment dans une rame de train au détriment des passagers qui en descendent. Ils craignent que le train ne ferme ses portes et reparte avant qu’ils soient montés.

J’ai déjà vu des personnes qui n’ont pas pu sortir à temps, mais comme tirer le signal d’alarme sans raison majeure est passible d’amende, à moins d’accepter de perdre de l’argent pour gagner du temps, il n’y a pas d’autre solution que d’attendre l’arrêt suivant.

Cela m’est arrivé un jour avec d’autres personnes venues de l’étranger, alors que nous nous rendions à une retraite de méditation. L’arrêt suivant était à plus d’une heure… Cet incident était une occasion idéale pour méditer, puisque d’habitude nous n’avons pas le temps d’attendre.

Cette habitude est une contrainte humaine qui ne suit pas les lois de la nature. Nous pourrions prendre exemple sur la croissance d’un arbre ou sur l’arrivée d’un bébé. Ils n’ont pas d’autre choix que de respecter leur rythme, et nous aussi d’ailleurs.

Aujourd’hui, certains considèrent le fait de dormir en journée lorsque l’on est fatigué comme un luxe ou un caprice, demain ce sera une question de nécessité ou de survie psychique. N’attendons pas ce stade ultime pour nous autoriser à nous poser et nous reposer.

Cette phase de maturation, d’assimilation et d’intégration, où l’on croit ne rien faire, mais où toutes nos facultés subconscientes sont en activité, est une pause du corps et de l’esprit conscient qui nous permet d’avancer, de nous régénérer et de nous transformer.

Astuce perso

Prendre un livre, le soupeser, ouvrir une page au hasard et poser son doigt sur un mot ou une ligne. Expérimenter la magie du « oui au hasard » en lisant et en méditant sur ce qui s’est glissé sous notre doigt.

En pratique : l’écho du silence intérieur

Voulez-vous vous reposer sans pour autant dormir ? Nous allons nous poser dans l’instant présent et, pour cela, prendre le temps de faire quelques respirations conscientes. Au rythme de votre respiration actuelle, sans rien vouloir changer, vous allez : inspirer, expirer, inspirer, expirer, inspirer, expirer.

Puis rallonger légèrement le temps de chaque respiration en gonflant un peu plus le ventre et en prenant le temps de le laisser se détendre : inspir, expir…, inspir, expir…, inspir, expir… L’espace de temps rallongé est l’occasion d’expirer un peu plus tout ce dont nous ne voulons plus.

Tout en continuant à respirer consciemment, en observant l’expansion et la contraction de votre ventre, en ressentant l’air qui entre et qui sort de vos narines et de vos poumons, vous allez écouter le son de votre souffle.

C’est avec votre attention plus qu’avec vos oreilles que vous vous mettez à l’écoute de celui-ci. Le souffle est le lien entre le corps et l’esprit, il nourrit votre cœur, il relie l’intérieur et l’extérieur.

En traversant votre corps, il unit votre être tout entier. En échangeant l’air de vos poumons avec l’air de l’environnement, il vous unit à la terre entière.

Portez maintenant votre attention sur les sons, ceux de l’environnement, ceux de votre corps. Pendant quelques instants, restez sur l’écoute des sons vibratoires qui sont en vous et autour de vous. Avez-vous des pensées ? Si oui, écoutez-les également.

Qu’est-ce qui fait que vous les comprenez, que vous savez quoi faire ? Qui est là en vous, avec vous ?
Qui est celui ou celle qui est présent ? Prenez le temps d’observer et d’être avec ce qui est là, sans trop réfléchir. Être avec ce qui est là, maintenant, c’est tout.

Qu’entendez-vous à l’intérieur de vous ? Du bruit, autrement dit de l’agitation ? Quelles pensées, émotions, sensations ? Est-il facile pour vous d’écouter ? Pouvez-vous vous abstraire du monde extérieur pour n’écouter que ce qui est à l’intérieur ? Percevez-vous le silence, le vide et le plein du silence ?

Et d’ailleurs, qu’est-ce que le silence ? Est-ce l’absence de sons, l’absence totale de bruit dans votre environnement ?
S’il s’agit d’un silence silencieux, qu’entendez-vous ? Un petit sifflement de fond, une vibration ? Comment vous sentez-vous lorsque vous êtes dans le silence ?

Pouvez-vous voir émerger de ce silence des sons, des pensées ? Pouvez-vous les entendre apparaître et disparaître ? Quelle est la différence entre le silence extérieur et le silence intérieur ? Les pensées font-elles du bruit ? Quel bruit font-elles ?

Les pensées sont-elles associées à des émotions ou des sensations ? Posez-vous la question sans vous sentir obligé d’y répondre. La question ouvre un espace. Vous n’avez pas besoin de le remplir. Dans cet espace, où se trouve le silence ? Y a-t-il du silence dans le bruit ?

Le silence est partout, il est toujours là même lorsque le bruit le recouvre. Lorsque les sons ou les pensées disparaissent, le silence réapparaît.

Apprenons à sentir la présence du silence malgré le bruit des sons et des pensées. Osons nous reposer dans ce silence qui englobe, embrasse et apaise tout. Sachons reconnaître la qualité du silence mental qui est notre capacité à ne pas réagir, à ne pas en rajouter.

Même au milieu de la tempête, apprenons à faire une pause pour nous reposer dans notre silence intérieur. Comment comprendre que le bruit ne pourra jamais détruire le silence, puisque c’est le silence qui lui donne naissance et l’accueille à sa mort ?

Auteur : Thi Bich Doan

Pour en savoir plus :
La cohérence cœur corps esprit : 33 clés pratiques pour une réconciliation globale de l’être – Thi Bich Doan, Ed. Leduc.s

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