Si vous étiez atteint par une broncho-pneumonie, que pourriez-vous faire pour mieux supporter les symptômes sans entraver les processus guérisseurs de l’organisme ? Sur base de ses connaissances théoriques et pratiques mais également en se fondant sur sa propre expérience, notre consultant-naturopathe vous répond.

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Voici d’abord ma petite histoire qui m’a conduit à vous décrire ce protocole que j’ai expérimenté à de nombreuses reprises depuis que je suis enfant. J’ai en effet très vite appris dans ma petite enfance à faire face aux infections virales.

Enfant puis ado et jusqu’à mes 35 ans, j’’étais coutumier de grosses bronchites ou grippes qui étaient accompagnées de fortes fièvres, de violentes quintes de toux sèches puis grasses (en fin de pathologie). Je me souviens des phases de poussées de fièvre nocturne accompagnées de cauchemars (délire) et de quintes de toux terribles qui me réveillaient au milieu de la nuit.

Jean-Brice Thivent – Praticien-naturopathe et professeur d’éducation physique

Vers l’âge de 30 ans, j’ai même été très malade, j’ai toussé pendant plus d’un mois, je passais des nuits à expectorer des bols entiers de mucosités (glaires) que je crachais dans un bol à proximité de mon lit. Pas très glamour je l’avoue, mais la nature ne fait pas de chichi !

Face à ces pathologies, je n’ai jamais eu besoin de consulter un médecin, je n’ai jamais paniqué, ni même eu le moindre doute dans ma capacité de guérison. Que ce soit avec mon père lorsque j’étais enfant ou seul à l’âge adulte, j’ai toujours guéri sans aucune assistance médicamenteuse.

Face à ces infections dites virales, les traitements allopathiques n’existent pas. À part les sirops anti- toux, la Ventoline ou le paracétamol qui n’agissent que pour améliorer le confort (mais avec des effets secondaires), la médecine est désarmée. De toutes façons, mon père n’aurait jamais voulu que je consomme de telles « drogues » (c’était comme cela qu’il qualifiait les médicaments de synthèse), sauf bien sûr si j’avais été en situation d’urgence (ce qui ne s’est jamais présenté).

Le corps va toujours dans le bon sens

Son approche hygiéniste et vitaliste de la santé a fait que de toute mon enfance, je n’ai jamais eu besoin d’un seul médicament, même pas de paracétamol et ce, même lorsque la fièvre atteignait 40°C. Mais dans ces situations de maladies infectieuses, il ne me laissait pas sans rien faire. Son approche de la santé qu’il m’a transmise est basée sur le fait que notre corps fait toujours ce qu’il faut pour aller dans le sens de la guérison à condition que l’on n’entrave pas ce processus (guérisseur) et que nous ayons les ressources vitales (neuro-glandulaires) pour supporter cet état inflammatoire et congestif parfois très fort.

Il est bien évident que pour des personnes fragiles, dévitalisées, ou ayant déjà des troubles respiratoires, le protocole décrit ci-dessous ne suffirait pas et qu’il faudrait l’intervention d’une médecine d’urgence. Le protocole décrit maintenant est donc basé sur les principes du vitalisme (philosophie de la naturopathie) qui expliquent que notre corps mobilise toujours son énergie (d’origine nerveuse ou glandulaire) pour aller dans le sens du maintien de l’homéostasie, c’est-àdire des constantes vitales. C’est ce qu’Hippocrate appelait notre « médecin intérieur ».

Commençons par ce qu’il ne faut pas faire

Règle de base : toujours garder un peu de symptôme. La prise d’antipyrétiques (qui éliminent la fièvre) ou d’anti-inflammatoires (type ibuprofène) s’oppose à cette phase que nous considérons comme nécessaire à la guérison. Sans inflammation, pas de guérison.

Prendre un anti-inflammatoire augmente les risques de détresse respiratoire, c’est aujourd’hui reconnu par la médecine mais cela fait bien longtemps que les naturopathes (un peu observateurs des phénomènes physiologiques) savent cela. Pour ce qui est de la fièvre et des fébrifuges, la question est la suivante : « Pourquoi faire absolument chuter la température » ?

Bien sûr par inconfort et sur ce point, si cela occasionne une gêne trop forte ou des migraines insupportables, il est évident que nous la ferions descendre par les moyens que je vais vous détailler. Mais réfléchissons un peu à l’intérêt de la fièvre.

Aujourd’hui, même en médecine allopathique, la fièvre commence à être considérée comme un moyen pour l’organisme de contrôler la prolifération des virus qui sont pyro-sensibles (ils deviennent inactifs à la chaleur). Les poussées de fièvre de notre organisme sont donc utiles.

La fièvre et l’inflammation sont contrôlées par votre organisme, elles vont permettre aussi une augmentation des métabolismes et de l’ensemble des réactions immunitaires. C’est comme si vous brûliez un ensemble de déchets au coeur de chaque cellule.

Certes, une poussée de fièvre est spectaculaire et si elle peut faire peur, c’est parce que nous l’avons toujours considérée comme le résultat d’une attaque contre notre corps et non comme un processus déclenché par l’organisme faisant lui-même partie d’un processus qui favorise un retour à l’équilibre.

Bien sûr, il n’est pas vraiment souhaitable de laisser monter la température au-delà de 40° pendant plusieurs heures mais la nature s’organise toujours pour réaliser des poussées relativement courtes (même si elles sont intenses). Cela les rend plus supportables.

Alors, pour mieux supporter l’inflammation, la fièvre et favoriser l’expectoration des mucosités, voici ce que je propose et ce que j’ai toujours fait avec succès lors des nombreuses fois où j’ai été atteint de pneumopathies, même très fortes.

Voyons maintenant ce qu’il faut faire

1. Toujours se reposer

Garder le lit et ne pas culpabiliser parce qu’on ne fait rien, c’est économiser son énergie vitale. Prendre du Doliprane ou des stimulants donne l’impression d’aller mieux, on est tenté de se remettre en action, voire de s’agiter parce qu’on pense qu’en bougeant, on se sentira plus vivant. C’est une erreur.

NON, on ne détourne pas son énergie nerveuse pour rien. Économisez donc votre énergie en gardant le lit et favorisez le repos physique-sensoriel (bruits, odeurs, lumière, froid…), mental (stress psychologique) et digestif. Comprenez que la fatigue est votre meilleur allié pour vous obliger à économiser votre énergie vitale, laquelle sera alors disponible pour les réparations tissulaires et l’activité immunitaire.

2. Jeûner

C’est le meilleur moyen de réduire (sans l’éliminer complètement) l’état inflammatoire. Tous les travaux récents autour du jeûne (voir film d’Arte en 2012 « Le jeûne une nouvelle thérapie ») montrent qu’en jeûnant, vous diminuerez les oedèmes et l’intensité des phases inflammatoires qui deviennent alors plus supportables. De toute façon, au-delà de 38°C, l’activité digestive est souvent perturbée, l’appétit diminue, vous digérez moins bien.

Manger en phase infectieuse forte, c’est détourner l’énergie nerveuse vers une digestion coûteuse. La durée du jeûne peut varier d’un à quelques jours (je précise que, durant un jeûne, vos cellules continuent d’être nourries par les tissus inutiles qui se déstockent (graisses, corps cétoniques mais aussi des déchets organiques).

Contentez-vous durant ces journées de boire de l’eau, des tisanes ou de l’eau citronnée. Pour ceux qui auraient un peu d’appréhension face au jeûne, les monodiètes de soupes de légumes verts (sans féculent) sont aussi idéales et agréables.

3. Vider le côlon

L’observation a montré que le fait de vider le côlon par prise d’un laxatif léger (bourdaine, mauve…) ou chlorure de magnésium ou par un lavement, diminue (un peu) l’intensité des symptômes (toux).

Je n’ai pas d’explication précise sur ce point et je ne veux pas m’étendre sur toutes les hypothèses de ce phénomène, je partage simplement une expérience et le résultat d’observations faites par des médecins hygiénistes depuis des décennies. Ne faites qu’un seul nettoyage de préférence avant le jeûne. Et bien sûr ne faites rien si vous avez des diarrhées !

4. Contrôler la fièvre (sans la supprimer)

Si la fièvre devait monter trop fortement et devenir gênante (ce qui était mon cas enfant), mon père me trempait les fesses dans une bassine d’eau froide (bain de siège). Il utilisait une eau froide du robinet, ce qui me faisait un peu réagir au début, mais après une entrée progressive et quelques secondes passées les fesses dans l’eau, ma température baissait et je retrouvais le sommeil. Il fallait parfois 2 à 3 bains par nuit.

Les compresses de tissus froids ou enveloppements de draps mouillés sont des techniques anciennes mais qui ont fait leurs preuves. Je n’ai ainsi jamais eu besoin d’un seul doliprane pour faire baisser la fièvre.

Et si, à l’inverse, la fièvre était jugée insuffisante comme dans des petits états de fébrilité (37° 5- 38°C le soir), il m’arrivait adolescent de la faire un peu monter en prenant des bains chauds. Je transpirais un bon coup et le lendemain tout était terminé. Je précise que ce n’est pas à faire si vous avez déjà assez de fièvre (+ 38°C).

5. Face à la toux, 2 stratégies

– Favoriser l’expectoration des mucosités

Au début de la pathologie bronchique, on observe souvent une toux sèche, irritante… puis progressivement celle-ci va murir (c’est comme cela que parlaient les anciens). Elle finit par devenir grasse et moins irritante. C’est à ce moment-là que nous allons utiliser des huiles essentielles et des plantes expectorantes. On ne s’oppose pas à la toux. Les antitussifs ou anti-expectorants, comme les anti-inflammatoires, ne feraient qu’aggraver la maladie.

À l’inverse, favoriser l’expectoration en accompagnant la toux est salutaire. Les huiles essentielles qui ont des propriétés mucolytiques (fluidifier et faciliter l’expectoration des mucus épais) seront privilégiées. HE recommandées en inhalation : menthe poivrée, eucalyptus globulus, romarin cinéole, pin sylvestre… Attention à leur emploi (irritant dosage). Toujours avoir le conseil d’un spécialiste. Il existe également des sirops de plantes qui apaisent et facilitent aussi l’expectoration (coquelicot, bourgeon de pin, bouillon blanc, tussilage…).

– Les bains ou demi-bains très chauds dérivatifs

La zone pulmonaire est inflammatoire, vous avez des afflux de sang importants (oedèmes) associés à la production importante de mucosités ; la technique que les anciens asthmatiques connaissent, c’est de tremper les avantbras ou les jambes dans de l’eau très chaude ; cela attire le sang loin des poumons (vasodilatation périphérique), ce qui va désengorger les poumons momentanément.

Lorsque la fièvre n’est pas très forte, cette dérivation peut se faire par un bain chaud général qui relâche la zone diaphragmatique en dérivant le sang vers la peau. C’est aussi la fonction des ventouses qui redeviennent à la mode (chez certains ostéopathes…) : rôle dérivatif et réflexe.

6. Point le plus important : ne jamais céder à la panique !

Quel que soit le virus et l’intensité des symptômes que vous aurez, sachez que si vous avez un niveau de vitalité « normal », que vous êtes habitué à faire réagir un minimum votre corps (exercice, froid/chaud…), que vous n’avez pas accumulé une dette énorme de sommeil et que vous respectez les principes évoqués, votre organisme finira toujours par guérir car il sait très bien s’adapter.

Cela doit nous faire nous poser une question importante. Si le seul moyen de guérir est de supporter la phase inflammatoire sans l’entraver en mobilisant nos ressources neuro-glandulaires, c’est-à- dire notre capacité réactionnelle, alors la prévention ne devrait-elle pas nous préparer en développant nos capacités d’adaptation ? Ceci s’appelle l’hormèse. Il s’agit de placer l’organisme dans des situations d’inconfort (adaptées à nos capacités) pour l’habituer à réagir.

Développer nos résistances organiques (non pas pour ne pas tomber malade) mais pour encaisser plus facilement la phase inflammatoire infectieuse. Cela doit nous faire réfléchir à notre mode de vie qui nous maintient dans un confort extrême et réduit progressivement nos capacités réactionnelles. À mesure que nos vies améliorent notre confort, nous perdons en capacité d’adaptation.

Conclusion

Il est devenu facile pour moi de m’appliquer ces conseils car je les ai expérimentés depuis tout petit. J’ai ainsi développé une grande confiance dans ma capacité d’auto-guérison.

J’ai toujours constaté que notre organisme finit par guérir lorsqu’il est placé dans des conditions idéales et surtout lorsque l’on ne s’oppose pas aveuglément aux symptômes et aux réactions du corps. Puis plus tard, j’ai appris à en comprendre le sens et ne pas voir dans l’inflammation, la toux, la fièvre… des dérèglements mais au contraire des réactions salutaires devant être simplement accompagnées et non entravées.

Encore une chose importante, même au plus dur de mes broncho-pneumonies, je n’ai jamais cédé à la panique, je n’ai jamais douté de ma capacité de guérison. Le doute, la peur sont les plus grands ennemis de la guérison. Ils nous maintiennent en état de stress, de tension nerveuse très coûteux en énergie.

La peur panique de mourir est un ressenti qui ne fait qu’aggraver les symptômes. Le risque, c’est que dans le contexte anxiogène et irrationnel que nous vivons aujourd’hui, nous nous perdions dans le cercle vicieux suivant : « On me diagnostique la maladie ou j’ai des symptômes > stress de peur de mourir > aggravation des symptômes > ma peur de mourir augmente, panique, angoisse > nouvelle aggravation… ». C’est ce que l’on appelle l’effet nocebo (par opposition au placebo). Ma croyance génère du symptôme. Cet effet est reconnu par l’OMS.

Souvenez- vous que l’on ne guérit que dans l’acceptation des choses. Vous n’avez rien à combattre, placez-vous simplement dans les conditions de repos idéales puis laisser agir votre organisme. Faites confiance à vos capacités d’auto-guérison et si vous avez besoin d’assistance, les services hospitaliers sauront vous aider.

Auteur  : Jean-Brice Thivent

Praticien-naturopathe et professeur d’éducation physique, Jean-Brice Thivent dirige en France la Formation alsacienne de Naturopathie. Il est l’auteur du livre « De l’homme dévitalisé à l’homme vivant » et du livre « En finir avec le diabète et les maladies métaboliques » (éditions Néosanté). www.alsacenaturo.com

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