La guérison à distance par l’intermédiaire de la prière d’intercession s’inscrivant comme un des premiers axes thérapeutiques en santé mentale suscite un intérêt grandissant dans le champ de la communauté scientifique. La question de son efficacité se pose. S’agit-il de l’impact de nos croyances et attentes de guérison, soit d’un effet placebo sur notre santé, ou y a-t-il un processus de transmission thérapeutique inconnu de la science actuelle se basant sur des transferts d’énergie ou faisant appel à des interventions d’ordre spirituel.

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L’objet de cet article est de tenter de faire le point sur cette question par l’intermédiaire d’une revue de littérature précise sur ce sujet regroupant 26 études contrôlées et randomisées depuis 1997 à aujourd’hui. Les résultats font état de 16 études ne montrant pas d’efficacité de la prière, et de 9 études soulignant des résultats intéressants dans lesquelles pour 7 études, les patients étaient au courant de la démarche d’aide soulignant ainsi les effets de l’attente de guérison.

En conclusion, ce type de travaux fait état de limites méthodologiques très importantes de différentes natures montrant qu’il faut revoir intégralement ce type d’étude de cette approche de soin si l’on veut avoir une vue scientifique rigoureuse de son efficacité thérapeutique. De ce fait, des travaux supplémentaires sont impérativement nécessaires mettant en avant des protocoles d’approches nouveaux et plus précis.

Introduction

Pour toute personne, la santé est sans doute un des éléments les plus précieux de la vie humaine et beaucoup des avancées en sciences médicales et psychologiques tendent à son développement et à sa pérennisation.

Pour l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), celle-ci comprend des facteurs physiques, psychologiques, sociaux et spirituels, qui reposent sur l’interaction et l’harmonie entre plusieurs de ces facteurs (World Health Organization, 1998).

Dans l’optique de l’étude de l’influence de certains facteurs spirituels sur la santé physique et mentale (faisant intervenir des éléments de croyances, de transmissions d’intentions à distance ou d’interventions « divines » – une tierce partie non humaine soulignée par les religions et les mouvements spirituels depuis les débuts de l’humanité –), on constate un usage de plus en plus répandu des médecines alternatives et complémentaires (CAM – Complementary and Alternative Medicine – ou MAC en français) [1], communément définies comme « des thérapies n’étant ni enseignées à grande échelle dans les écoles de médecine, ni généralement disponibles dans les hôpitaux » et qui pour certaines, s’inscrivent dans le champ des facteurs spirituels.

Autrement dit, les approches de soins alternatifs mettent souvent en exergue des éléments de croyances et de représentations qui prennent source dans la spiritualité et la religion [2].

Du reste, le pluralisme thérapeutique est en forte augmentation [3] et le recours aux guérisseurs également pour des problèmes de santé mentale notamment [4].

Faisant partie de ces approches de CAM, la guérison à distance (DHI – Distant Healing Intervention) peut être définie comme « un acte mental de compassion dirigé vers la santé et le bien-être d’une personne éloignée » [5]. Ces approches sont multiples.

On peut citer la prière, qui rappelons-le est dans le monde, le premier soin en santé mentale [2], la guérison spirituelle, la guérison chamanique, la guérison non locale, le toucher thérapeutique, la transmission d’intention de guérison par concentration [6].

Ces pratiques sont très répandues depuis les cinquante dernières années [7]. Les résultats de plusieurs enquêtes nationales menées aux États-Unis et ailleurs suggèrent que jusqu’à 40%de la population adulte avait utilisé l’année précédente une forme de CAM pour traiter des problèmes liés à la santé [8, 9, 5].

De ce fait, la communauté scientifique s’est montrée plus pressante et plus encline à étudier l’efficacité de ces nombreuses thérapies [1, 10, 11] qui souvent font intervenir des facteurs de croyance, d’espérance en la guérison ou de foi du patient.

Le rôle de la croyance comme facteur déterminant dans la santé est un élément prédictif important de l’utilisation des CAM [8]. Dans une étude sur les CAM aux États-Unis [12], 7 % des personnes interrogées ont déclaré avoir essayé une forme de « guérison spirituelle ».

Dans la même étude, 35 % des personnes interrogées ont dit avoir utilisé la prière pour résoudre leurs problèmes de santé. Une enquête nationale menée aux États-Unis en 1996 a révélé que 82 % des Américains croyaient au pouvoir de guérison de la prière et 64 % estimaient que les médecins devraient prier avec les patients qui le demandent [13].

De plus en plus de preuves basées sur des études sérieuses suggèrent une association entre l’engagement religieux et la spiritualité et des résultats positifs pour la santé [14, 15, 2, 11].

Toutefois, les formes de guérison à distance sont encore très controversées [16] dans la communauté scientifique et en dépit de plusieurs critiques positives concernant les recherches sur ces approches [17, 6, 2], il existe encore des affirmations contradictoires dans la littérature concernant leur efficacité clinique [18, 19].

Cette dernière n’a pas été soulignée de manière catégorique et beaucoup de recherches et de méta-analyses font état de lourdes difficultés méthodologiques sur cette question [5].

En l’absence de mécanismes plausibles et rationnels envisageables, les sceptiques sont convaincus que les bénéfices rapportés sont dus au mieux aux effets du placebo (croyance du patient en la guérison) ou au pire à la fraude.

Malgré cette controverse persistante, les approches ou techniques de guérison à distance gagnent en popularité. Par exemple, au Royaume-Uni aujourd’hui, il y a plus de guérisseurs à distance (environ 14 000) que de thérapeutes de n’importe quelle autre branche des CAM [8].

Ce niveau de popularité et d’utilisation par les patients étant en augmentation, il est nécessaire d’examiner les preuves disponibles sur l’efficacité des CAM.

De manière additionnelle, la spiritualité que nous mettons en exergue dans cet article, qu’elle soit transcendante ou laïque est une dimension fondamentale de notre humanité liée d’une part, à la recherche d’un sens associé à la vie sur notre planète (pourquoi sommes-nous là et vers quoi nous dirigeonsnous ?) et d’autre part, à la recherche de réponses liées à des aspects fondamentaux de la vie au travers d’expériences multiples, sacrées et transcendantes [20], capables de fournir des avantages adaptatifs pour la santé.

La spiritualité et la religion sont positivement associées à la santé physique [21]. Les recherches en psychologie de la santé sur ses aspects spirituels et religieux suggèrent que les croyances et les pratiques religieuses sont associées à de meilleurs résultats en matière de santé physique et mentale, d’effets bénéfiques sur la fonction immunitaire, de la saillance de l’aide sociale, d’une hausse de la qualité de vie, d’une augmentation de l’optimisme et d’une baisse du taux d’anxiété et de dépression [22].

Chaque personne utilise des stratégies cognitives et comportementales différentes, en accord avec ses croyances religieuses et spirituelles ainsi que sa perception du sens de sa vie, pour surmonter les situations difficiles, en particulier celles impliquant la santé.

Dans cette optique, la transmission d’intention de guérison à distance, comme la prière ou d’autres approches de soins à distance non basées sur la prière (transmission d’intentions non religieuses, certaines formes de méditations) sont des modalités pratiques d’application sur la santé de la spiritualité, de la religion ou de la croyance en les capacités de guérison d’un individu sur l’autre par l’intermédiaire de ses pensées (ou intentions).

A ce niveau, la prière d’intercession (ou prière pour autrui) étudiée depuis Galton en 1878 [23] est considérée comme une intervention particulièrement importante et très fortement utilisée [24] dans les soins spirituels pour ceux qui souffrent [25, 26].

Des dix thérapies « alternatives » les plus utilisées aux États-Unis, la prière pour soi et la prière d’intercession arrivent en tête de liste [27]. L’étude d’O’Connor, Pronk, et al. (2005) [28] sur les thérapies alternatives montre que 47,2 % des sujets prient pour leur propre santé et que 90,3 % d’entre eux croient que la prière contribue à leur guérison.

La prière d’intercession est généralement définie comme une prière offerte au profit d’une autre personne [29]. En règle générale, une requête silencieuse ou verbale est adressée à Dieu (une divinité), ou à un autre type d’entité transcendante, ou au patient directement et la personne priante estime capable de changer la vie ou la santé d’une autre personne [30, 31, 32].

De manière plus précise, il existe plusieurs formes de prière qui sont présentées dans la littérature. Les formes les plus couramment utilisées sont la prière d’intercession (dans laquelle il n’y a pas de contacts physiques entre les priants et les patients) et la prière de pétition (ou prière pour soi-même) notamment étudiée par Koenig et al. [2], et Koenig, McCullough et Larson, [24].

Pour Ruth et al. [33], la prière est une activité spirituelle souvent utilisée par les patients, et qui semble faciliter le processus de transition entre la maladie et la santé et le bien-être de l’être humain. Dans la prière, il est question d’établir un lien, une connexion avec une dimension transcendante et spirituelle, voire religieuse [34,35].

En dépit du fait que cette pratique de soin est courante dans différentes doctrines religieuses et spirituelle, elle n’a commencé à être étudiée scientifiquement en tant qu’instrument important de la santé qu’en 1980, et en tant que source de réconfort et d’espoir.

La communauté scientifique reconnaît la prière comme thérapie complémentaire et intervention thérapeutique dans le cadre d’une assistance holistique.

Que ce soit une prière d’intercession ou de pétition, celles-ci peuvent être incluses dans les soins de santé dans plusieurs contextes. Par exemple, un pourcentage élevé de travailleurs sociaux aux USA et au Canada semble utiliser la prière d’intercession dans leur travail avec leurs patients [36, 37].

Une enquête nationale réalisée auprès de praticiens directs affiliés à l’Association nationale des travailleurs sociaux (NASW : N = 2 069) a révélé que 28 % des personnes interrogées s’étaient engagées dans la prière verbale avec leurs patients, et 57 % avaient prié en privé pour eux [38].

De même, parmi un échantillon national de travailleurs gérontologiques affiliés à la NASW (N = 299), 43 % ont déclaré prier verbalement avec leurs patients. Enfin, en ce qui concerne les interventions de prière en privé, les deux tiers des répondants ont indiqué qu’ils priaient parfois (43 %) ou souvent (24 %) pour leurs patients [39].

En bref, bien que l’utilisation de la prière en tant qu’intervention thérapeutique reste pour l’instant encore controversée [40], les données existantes suggèrent que la plupart des travailleurs sociaux utilisent la prière d’intercession comme une intervention professionnelle pertinente.

De plus, diverses études contrôlées et non contrôlées ont suggéré que certaines formes de guérisons psychiques pouvaient augmenter les effets thérapeutiques des traitements médicaux traditionnels [41, 42].

Les méta-analyses de Schiltz et al. (1997) [43] et de Schmidt (2012) [11] font état des effets positifs de l’intention de guérisons à distance chez des patients atteints de nombreuses pathologies [44] et soulignent la pertinence de ce champ de recherche, invitant à des études additionnelles pour isoler les principaux mécanismes d’action (croyances en la guérison, effets de la transmission d’intention…).

Bien qu’il soit théoriquement possible qu’un être transcendant (ou une manifestation intelligente) existe et réponde à la prière, il est également possible que la prière exploite les mécanismes naturels non encore découverts qui produisent actuellement un changement [45, 46].

En d’autres termes, la prière d’intercession peut effectuer un changement surnaturel, naturel ou pas du tout. La discussion de ces divers mécanismes dépasse le cadre de cet article.

Notons toutefois que la guérison à distance passe bien souvent par la prière d’intercession, mais il existe aussi d’autres approches de méditation ou de transmission d’intention basées sur une concentration sur un désir de guérison.

Le but de cet article, dans la continuité desméta-analyses précédentes [42, 43] sur le sujet est d’examiner la littérature empirique capable d’informer et de guider les décisions de pratique concernant l’utilisation de la prière d’intercession comme technique de guérison à distance.

Bien sûr, il est important de constater que différentes recherches, dont de nombreuses revues anglo-saxonnes de littérature, ont été effectuées sur ce sujet [42, 45, 43, 5], et les résultats sont assez équivoques. Il n’y a pas de constats significatifs de l’efficacité de la guérison à distance via la prière ou une intention de guérison, ni de son inefficacité [46].

Chaque recherche invite à des études supplémentaires et toujours d’importants biais méthodologiques sont mentionnés qui, dans la plupart de ces recherches, sont un frein majeur à la réponse à la question principale qui nous préoccupe : « la guérison à distance par la prière est-elle efficace ou non ? ».

Dans cette optique, nous avons choisi d’effectuer une revue de la littérature sur cette question afin de mettre en lumière la synthèse des recherches les plus pertinente (en fonction de critères de choix précis), les biais méthodologiques, les pistes futures de recherche, et une ébauche de discussion théorique sur les potentiels mécanismes d’action pouvant expliquer l’impact de la guérison à distance, ceci pour aboutir à une revue de questions précises sur cette problématique, afin de l’appréhender de différentes manières et d’en tirer des débuts de modèles explicatifs.

Il existe très peu de recherches francophones sur ce sujet [47], et ce domaine mérite de s’y consacrer.

Méthode

L’objectif de notre revue est de résumer tous les essais cliniques randomisés disponibles testant l’efficacité de toutes les formes de guérison à distance en tant que traitement de tout état pathologique, avec un focus particulier sur la prière d’intercession.

Une vérification systématique de la littérature a été menée en 2019. Un protocole a été défini pour planifier la revue systématique et incluait la question de recherche, les critères d’inclusion et d’exclusion, la stratégie de recherche et les bases de données, les instruments et méthodes de collecte de données et les critères d’analyse des résultats.

La question récapitulative était : « Quels sont les effets des intentions de guérison à distance et de la prière d’intercession en particulier sur la santé physique et psychique des patients ? » (La prière d’intercession étant l’approche la plus étudiée à l’heure actuelle, nous n’avons pas voulu omettre d’autres approches de guérison à distance à caractère non religieux ou spirituel, comme simplement l’intention d’envoyer des pensées de guérison à un patient).

En termes d’inclusion, nous avons pris en compte : les patients (population) de tout âge et des deux sexes, les situations cliniques de tout ordre (interventions physiques et psychiques), les types d’intention de guérison à distance (approches de guérison), les approches de soins ordinaires (autres thérapies), les changements de santé observés, les études cliniques randomisées avec comparaison entre un groupe expérimental (qui reçoit l’intention de guérison) et un groupe contrôle (RCT – randomised control trial).

Les bases de données électroniques et internationales ont été consultées : index Medline, Psyarticle, Psyinfo, Google Scholar, Cochrane Library.

La stratégie de recherche était « guérison à distance », « prière », « essais cliniques » et « santé ». Une telle combinaison a été choisie parce qu’elle est large, compte tenu du centre d’intérêt, et se limite au titre, compte tenu de la spécificité du thème et du type d’étude (RCT). Ni les délais, ni la limitation de la langue n’ont été pris en compte.

Les données ont été organisées sous forme d’un tableau (Tableau 1) contenant : le titre de la recherche, les auteurs et l’année, la revue (en bibliographie), l’objectif de l’étude, la méthode utilisée avec le nombre de sujets, le protocole et les principes expérimentaux et les éléments de mesure, les principaux résultats et commentaires (nous avons fait le choix d’aller dans le détail, ceci au regard des autres revues de littérature parfois très larges).

Précisons également, que nous avons vérifié dans la mesure des informations disponibles dans les articles telles que :

  • la randomisation a été correctement effectuée, ce que nous spécifions par le sigle RCT dans le tableau récapitulatif (qui correspond à un critère d’inclusion);
  • les patients et les évaluateurs sont dans très peu de cas en aveugle;
  • les thérapeutes ne sont jamais en aveugle.

Concernant ces points, toutes les recherches ne les mentionnent pas. En effet, il n’y a pas toujours de différences entre les patients, thérapeutes et les évaluateurs. Seul, certaines recherches font état du critère « aveugle ou double aveugle » sans entrer dans les détails de la population concernée.

On constate que ce niveau de rigueur méthodologique est très rarement atteint, ce qui constitue un point non négligeable de développement méthodologique.

  • la constitution du groupe contrôle.

Ici aussi, il y a très peu d’information dans ces recherches sur sa constitution en dehors d’un tirage aléatoire.

Hélas, tous les articles ne spécifient pas tous ces éléments ; nous les mentionnons dans le tableau récapitulatif quand les chercheurs le soulignent uniquement.

De ce fait, c’est clairement un point qui peut être amélioré et que nous signalons dans les limites méthodologiques et les pistes futures de recherche.

Tableau 1. Etudes montrant les effets positifs de la guérison à distance par intentions (ou Prière d’Intercession) sur la santé physique et mentale

    Méthode  

Titre et auteurs

Objectifs Sujets Protocole et principes expérimentaux Mesures Résultats et commentaires
The effect of intercessory prayer on recovery from mental illness, Sandberg et al., 2002 Etude de l’effet de la prière d’intercession sur le rétablissement de patients atteint de troubles mentaux 74 patients (37 en GE, 37 en GC)

RCT

Groupe de prière standard

BSI (Brief Symptom Inventory)

– auto-évaluation des symptômes

Effet significatif chez le GE en termes de réduction des scores perçus – limite méthodologique

The Effect of Prayer on Level of Anxiety in Mothers of Children with Cancer

Dehghani Kh MS et al. 2012

Etude de l’effet de la prière sur la diminution de l’anxiété chez des femmes dont l’enfant est atteint du cancer 30 femmes

RCT

Groupe de prière standard

Spielberger test (anxiété)

Cette recherche montre que la prière peut réduire significativement l’anxiété chez ces personnes – mais ici les mères priaient elle-même – !!

Entrer dans un processus de prière comme style adaptatif face a la maladie de leurs enfants apporte des résultats probants. Effet placebo a questionner et coping

The effects of Intercessory Prayer and transpersonal positive visualization on a hemodialysis population, Conti JM. et al., 1999. Etude pilote explorant l’efficacité de la prière d’intercession (IP) et de la visualisation positive transpersonnelle sur des patients atteints d’insuffisances rénales. 95 patients suivant un programme d’hémodialyse.

-RCT

Questionnaires passés a T0 puis a T1 (4 semaines plus tard).

Procédure en double aveugle croisant 3 critères : IP (intercessory prayer), PV (positive visualisation) et attente des patients.

Soit 6 conditions :

– Patients qui reçoivent IP et attendent IP. – Patients qui reçoivent PV et attendent IP.

– Patients qui ne reçoivent pas de traitement et attendent IP.

– Patients qui reçoivent IP et attendent PV.

– Patients qui reçoivent PV et attendent PV. – Patients qui ne reçoivent pas de traitement et attendent PV.

Groupe de prière standard

-SF-36 pour la Qualité De Vie,

-Beck Depression Inventory,

-Brief Symptoms Inventory et un questionnaire sur la prière créé pour cette étude.

– Mesures médicales : Kt/V (concentration de l’urée), taux d’hématocrite, taux d’albumine, taux de phosphate inorganique dans le sérum, pression sanguine et prise de poids interdialyse.

– Effet significatif du traitement sur le fonctionnement social : meilleurs résultats pour les groupes bénéficiant de l’IP que pour les groupes contrôles (p<.0175)

– Effet significatif du type de traitement attendu sur le taux de phosphate : les sujets qui pensent recevoir l’IP ont un taux moyen qui a significativement empiré (p<.0103).

– Effet du type de traitement attendu sur la pression sanguine : les sujets qui pensent recevoir l’IP ont une amélioration plus nette de leur pression sanguine que ceux qui pensent recevoir la PV.

Rôle de la croyance (aux effets de la prière) sur la guérison doit être pris au sérieux, questionne l’effet placebo.

    Méthode  

Titre et auteurs

Objectifs Sujets Protocole et principes expérimentaux Mesures Résultats et commentaires
A randomized blinded study of the impact of intercessory prayer on spiritual well-being in patient with cancer, Olver et al., 2012. Etude de l’effet de la prière d’intercession sur la qualité de vie et le bien être spirituel de patient cancéreux 1000 sujets

RCT –

Groupe de prière standard

-Functionnal assessment of chronic illness therapy (douleur chronique)

-Spiritual well being questionnaire (bien être spirituel)

-QOL

Résultats significatifs pour le bien être spirituel et émotionnel dans le GE. Le groupe d’intervention a montré des améliorations significativement plus importantes au fil du temps pour le critère principal du bien-être spirituel par rapport au groupe témoin (P = 0,03, partiel η2 = 0,01). L’étude a révélé un résultat similaire pour le bien-être émotionnel (P = 0,04, η2 partiel = 0,01) et le bien-être fonctionnel (P = 0,06, η2 partiel = 0,01
Effects of Intercessory Prayer on patients with rheumatoid arthritis, Matthews, et al., 2000. Etudier l’impact de la prière d’intercession chez des patients atteints d’arthrite rhumatoïde 40 sujets (21 en GE, 19 en GC) Intervention de prières durant 6 mois RCT – Tous ont reçu une intervention de 3 jours, comprenant 6 heures d’éducation et 6 heures de prière d’intercession en contact direct.
19 patients de l’échantillon sélectionnés au hasard ont eu 6 mois de prière d’intercession supplémentaire par des personnes situées ailleurs.
Groupe de prière standard
Mesure de l’arthrite sur 10 échelles spécifiques Résultats significatifs pour le GE dont les soins avaient été reçus en personne avec le guérisseur – contact avec le guérisseur et connaissance du processus de guérison – effet placebo a questionner
Effects of remote, retroactive Intercessory Prayer on outcomes in patients with bloodstream infection: randomised, controlled trial, Leibovici, et al., 2001. Déterminer l’effet de la prière d’intercession (IP), pour des patients présentant une infection du système sanguin. 3393 patients adultes hospitalisés entre 1990 et 1996 pour une infection du système sanguin.

RCT –

– Groupe Contrôle : (n= 1702)

– Groupe Prière : pour qui les intercessants formulent des prières pour leur bien-être et une guérison complète (n= 1691) —

– Groupe de prière standard

– Taux de mortalité a l’hôpital

– Durée de séjour a l’hôpital (Durée moyenne de séjour et Durée maximale de séjour)

– Durée des épisodes fiévreux.

– Pas de différence entre les deux groupes pour le taux de mortalité (p= 0.4)

– Durée des épisodes fiévreux plus courte pour le groupe Prière (p = .04)

– Durée de séjour a l’hôpital plus courtes pour le groupe Prière (p = .01) et grandes différences entre les durées maximales de séjour (165 jours pour le groupe Prière vs. 320 jours pour le groupe Contrôle)

L’IP rétroactive formulée pour  un groupe de patients atteints  d’une infection sanguine est  associée a une durée de séjour  et a des épisodes fiévreux plus  courts, même quand elle est  instaurée de 4 a 10 ans après  l’infection.  Recherche encourageante ! 

Does prayer influence the success of vitro fertilization-embryo transfer? Report of a masked, randomised trial.”

Cha KY., Wirth DP et al., 2001.

Nous mentionnons cette étude sans la maintenir

Déterminer l’effet potentiel de la Prière d’Intercession sur les taux de grossesse chez des femmes participant a un programme de fécondation in-vitro (FIV). 219 femmes âgées de 26 a 46 ans, traitées depuis 4 mois pour la FIV a la clinique Cha de Séoul

RCT – double aveugle

– Groupe contrôle : femmes qui ne font pas l’objet de prière.

– Groupe expérimental (Prière) : femmes recevant des prières

Procédure en double-aveugle : patients et médecins ne sont pas informés de l’étude. —-

Groupe de prière standard

Mesure double :

Taux de grossesse et taux d’implantation au sein de chaque groupe.

– Le groupe prière présente un taux de grossesse plus élevé que le groupe contrôle (50% de réussite vs. 26%, p<.0013) et un taux d’implantation aussi plus élevé (16.3% vs. 8%, p<.0005).

Effet significatif de la prière d’intercession sur les résultats de la FIV.

Résultats étonnants – peu d’information sur le type de prière – Hypothèse de fraude chez certains des auteurs

A randomised controlled trial of the effects of remote, Intercessory Prayer on outcomes in patients admitted to the coronary care unit, Harris WS., et. al., 1999 Déterminer si la prière d’intercession a distance réduit les évènements négatifs rencontrés par des patients cardiaques et leur durée de séjour a l’hôpital.

990 patients admis en Unité de Cardiologie, avec une moyenne d’âge de 66 ans.

75 prieurs (15 équipes de 5)

RCT en double aveugle

A l’admission, randomisation des patients en deux groupes :

– Groupe ≪ IP » (intercessory prayer) : patients pour qui un intercédant qui connaît uniquement leur prénom, leur offre une prière quotidienne de rétablissement rapide et sans complication, et ce, pendant 4 semaines (n = 466)

– Groupe Contrôle : traitement habituel uniquement (n = 524)

– Procédure en doubleaveugle, médecins et patients ne sont pas informés que l’étude est menée.

Groupe de prière standard

– Durée Moyenne de Séjour (DMS)

– Score MAHI-CCU (Mid America Heart Institute – cardiac care unit) :

(Dans sa version pondérée pour les résultats cliniques observés pendant le séjour allant de ≪ excellent a catastrophique », et dans sa version non-pondérée, avec le compte des évènements, procédures et prescriptions).

– Absence de différence significative de DMS entre les deux groupes.

– Effet de l’IP sur les deux scores (pondéré et nonpondéré) de MAHI-CCU, avec un score pondéré plus faible de 11% pour le groupe IP que pour le groupe contrôle (p<.04), et 10% de moins d’évènement négatifs comptabilisés pour le Groupe IP que pour le groupe contrôle (p<.04). Effet de IP sur le score CCU.

Pas d’évaluation des prières formulées par d’autres personnes (familles, amis) pour les deux groupes.

Effets significatifs de la prière comme élément additionnel aux traitements classiques.

    Méthode  

Titre et auteurs

Objectifs Sujets Protocole et principes expérimentaux Mesures Résultats et commentaires
The effect of distant healing performed by a spiritual healer on chronic pain : a randomised control trial, Tsubono K. et al, 2009. Effet de la guérison a distance sur la douleur chronique 17 sujets

RCT en double aveugle

Les sujets rencontrent une fois le guérisseur – ensuite celui-ci retourne au japon et commence la guérison a distance sur le GE (sur 2 mois)

———-

Un guérisseur japonais spécialiste de la douleur chronique

Mc Gill – évaluation de la douleur

EVA – Echelle visuelle analogique

Effet légèrement significatif de la guérison a distance sur l’échelle visuelle analogique (p = 0,056). L’échelle d’intensité de la douleur présente a montré une amélioration significative dans le groupe de traitement par rapport au groupe de contrôle (p = 0,0016). L’indice d’évaluation de la douleur a montré une amélioration dans le groupe de traitement, mais la différence entre les deux groupes n’était pas statistiquement significative
Chronically patients treated by spiritual healing improve in quality of life : results of a randomized waiting-list controlled study, Wiesendanger H, Werthmuller L et al, 2004 Etude sur l’amélioration de la qualité de vie chez des patient atteints de maladies chroniques 60 patients

RCT

Traitement sur 5 mois

———

Groupe de prière

SF 63 – qualité de vie

Les patients chroniquement malades qui souhaitaient être soignés a distance et qui savaient qu’ils sont traités améliorent leur qualité de vie de façon significative.

Influence de la croyance sur la guérison et de l’effet placebo – résultats encourageants mais limites méthodologiques

An experimental study of the effects of distant, intercessory prayer on self-esteem, anxiety, and depression, O’Laloire S, 1997

Etude de l’effet de la prière d’intercession sur l’estime de soi, l’anxiété et la dépression.

– étude de l’effet de la prière pour les bénéficiants et pour les prieurs

496 sujets (dépressifs et anxieux)

90 sujets priant

203 recevant les prières

203 en groupe contrôle

RCT – Double aveugle

-groupe 1 : 90 sujets, priant pour le GE -groupe 2 (GE) : 203 sujets recevant les prières du groupe 1 (mais n’étant pas au courant de la démarche)

-groupe contrôle (GC), 203 sujets ne recevant aucune prière (mais ne sachant pas si on priait ou non pour eux) 15minutes de prière par jour sur 12 semaines

Les sujets priant se base sur une photo et un nom de sujet

Chaque sujet reçoive 3 prieurs durant le temps de l’expérience

—–

Groupe de prières

Humeur

Estime de soi

Anxiété

Dépression

Amélioration significative des résultats du groupe GE – résultats encourageants

Limites méthodologiques importantes (pas de réelle double aveugle)

Explication en termes d’effets placebo possible, de croyance, de relation d’aide spirituelle. Le fait de prier pour autrui (et de savoir qu’une personne prie pour soi) entraîne une amélioration de la santé mentale.

Explication possible en termes de foi (croyance en la guérison religieuse) et de lien avec le divin (croyance en une force divine de guérison invoquée via la prière).

A randomized double blind study of the effect of distant healing in a population with advanced AIDS, Sicher F, Targ E, 1998. Etudier les effets sur la santé physique et mentale de sessions de guérison a distance (guérison psychique)

40 sujets atteints du SIDA (avancé) – 37 hommes, 3 femmes

Connaissance de 50 % de chance de recevoir le traitement, par les sujets

Chaque sujet était traité par 10 guérisseurs différents (randomisés)

RCT – (Randomised Control Trial) – Randomisation en double aveugle et comparaison groupe expérimentale (GE) et groupe contrôle (GC)

10 semaines de traitement de guérison a distance (DH, distant healing)

Suivi de 6 mois

————–

40 guérisseurs de différentes traditions aux USA (chrétienne, juif, bouddhiste, chamanique), (5 années de pratique en DH, expérience avec des malades du SIDA, traitement de plus de 100 patients a distance)

Les guérisseurs n’étaient pas rémunérés et n’avaient pas de lien physique avec les sujets

1h de soin par jour sur 6j

POMS

CD4+ (taux de cellules dans le sang)

Symptômes physiques (WPSI)

Qualité de vie (MOS)

Apparition de nouvelles maladies

Gravité de la maladie

Nombre d’hospitalisation

Durée d’hospitalisation

Après 6 mois, les sujets du GE font état de :

-baisse des nouveaux troubles immunitaires

-baisse de l’aggravation des maladies

-baisse des hospitalisations et des jours d’hospitalisation

-baisse du nombre de visites des médecins

-pas de différence au niveau des CD4+

-augmentation de l’humeur (baisse de la dépression, tension, confusion fatigue)

Suggestion de l’effet de la guérison a distance sur la santé physique et mentale – Mais des recherches additionnelles s’avèrent impérativement nécessaires car des biais existent :

-Effet de l’espoir en lien avec la participation a ce type de recherche (≪ nous savons qu’on prie pour nous, donc je vais aller mieux »)

-Effet placebo en lien avec la perception d’amélioration de la santé au début des traitements.

-Nombre limité de patients, durée de l’étude courte, méthode statistique critiquable.

Cette recherche ne constitue pas une preuve, mais reste encourageante.

Etudes montrant les effets non positifs ou neutres de la guérison à distance par intentions (ou Prière d’intercession) sur la santé physique etmentale
    Méthode  

Titre et auteurs

Objectifs Sujets Protocole et principes expérimentaux Mesures Résultats et commentaires
The efficacity of distant healing for humain AIDS virus, results of randomized trial, Astin et al., 2006. Etude de l’effet de la guérison a distance sur des patients atteints de l’HIV. 156 sujets

RCT –

10 semaines de guérison a distance par des professionnels 10 s de guérison a distance par des infirmières

—-

Prieurs professionnels

Mesures médicales par rapport a l’HIV :

HRC (Hamilton rating scale) pour la dépression

Daily spiritual experience scale pour la spiritualité

Taux de cortisol

Résultats non significatifs, pas d’améliorations de santé chez ces patients
A study of the effectiveness of distant healing in alleviating symptoms of stress, anxiety and depression, Callaghan MP. Et al., 2008 Etude des effets de la guérison a distance sur des sujets ayant des symptômes de stress, d’anxiété et de dépression 20 sujets

RCT

Sujets d’une clinique de santé mentale

Durée du traitement de 4 semaines

Mesure sur 3 temps (semaine avant/après/5 semaines plus tard, de l’intervention

Groupe de prière

DASS (depression anxiety stress scale)

BDI II

PSS LOT (Life orientation test) SWB (Spiritual well being)

Pas de résultats significatifs, mais de légère amélioration dans les 2 groupes

Limites méthodologiques dans le choix des sujets et la taille de l’échantillon

An experimental study of the effects of remote intercessory prayer on depression, Wright JG, 2006 Effet de la prière d’intercession chez des patients dépressifs 20 sujets (de différentes cliniques de Virginie)

RCT

28 jours de prière

—-

Groupe de prière

BDI II

Pas de différences significatives entre les 2 groupes

Limites méthodologiques, faiblesse de l’échantillon, peu de mesure et de contrôle des prieurs.

Influence of prayer and prayer habits on outcome in patients with severe head injury.

Vannemreddy P., Bryan K., Nanda A., 2009.

Evaluer l’effet de la prière sur le rétablissement des patients inconscients admis a l’hôpital après une lésion cérébrale traumatique. 26 Patients présentant une blessure grave à la tête.

RCT

– Groupe prière: patients pour qui l’on prie lors de leur hospitalisation (n=13).

– Groupe Contrôle : patients pour qui l’on ne prie pas (n=13).

Scores moyens a l’échelle de Glasgow identiques pour les deux groupes au moment de l’hospitalisation.

Groupe de prière standard

– Etat de conscience : Echelle de Glasgow, allant de 3 a 15.

– Echelle de gravité : (Glasgow Outcome Scale), échelle de gravité séquellaire, de handicap et de devenir fonctionnel, 5 niveaux.

– Durée d’Hospitalisation

– Données sociodémographiques : âge, sexe, comportement tabagique, fréquence d’absorption d’alcool et habitudes de prière.

– Durée moyenne de séjour plus longue pour le Groupe Prière (p>.03)

– pas de différence significative entre les deux groupes

– Age des patients, score a l’échelle de Glasgow lors de l’admission et Habitudes de prière sont des facteurs significatifs quant au rétablissement après une blessure grave à la tête.

Music, Imagery, Touch and Prayer as adjuncts to interventional cardiac care: the Monitoring and Actualisation of Noetic Trainings (MANTRA) II randomised study, Krucoff MW., Crater SW., Gallup D. et al., 2005 Etudier les effets de la thérapie ≪ Music, Imagery and Touch » (MIT) et de la Prière d’Intercession (IP) sur des patients atteints de maladies cardiaques. 748 patients en attente d’une intervention coronarienne percutanée, rencontrés au sein de 9 centres aux Etats-Unis entre Mai 1999 et Décembre 2002.

RCT – Procédure en doubleaveugle : ni les centres ni les patients ne savent si ces derniers sont l’objet de prières ou pas.

Randomisation des patients en 4 groupes :

– Groupe Contrôle : traitement standard (n= 192)

– Groupe ≪ IP» : traitement standard + IP (n= 182)

– Groupe ≪ MIT» : traitement standard + thérapie MIT 40 minutes avant l’intervention coronarienne (n= 185)

– Groupe “tous traitements”: traitement standard + IP + thérapie MIT (n= 189).

Groupe de prière standard

Mesures a T0, juste avant l’intervention chirurgicale :

– Anxiété : STAI

– Religiosité : Duke Religiosity Survey

– Détresse : auto-évaluation de l’humeur sur une Echelle Visuelle Analogique.

Critères de fin :

– primaires : décès, réadmission a l’hôpital lors des six premiers mois postopératoires, évènement négatif majeur cardiovasculaire pendant l’hospitalisation.

– secondaires : mêmes critères mais lors des six mois suivants.

– Absence de différence significative entre les quatre groupes pour les critères primaires ou secondaires.

– Mortalité a six mois légèrement plus faible chez les patients assignés aux deux thérapies (IP + thérapie MIT) que chez ceux en traitement standard ou en condition d’IP uniquement. Résultats non significatifs.

Ni l’IP ni la thérapie MIT n’ont d’impact sur les mesures cliniques après une chirurgie coronarienne.

The effect of Intercessory Prayer on the psychological well-being of College students, Lok, et al., 2006 Etudier les effets de la prière d’intercession sur le bien-être psychologique d’étudiants universitaires. 697 étudiants

RCT –

Une série de 5 essais de 6 semaines chacun.

– environ 75% d’entre eux sont informés sur la probabilité d’être l’objet de prières portant sur leur bien-être psychologique, formulées par des intercessants ne connaissant que leur sexe et le n° qui leur est attribué. Parmi eux (groupé informé), 2/3 reçoivent des prières quotidiennes pendant 40 jours (groupe informé + IP). Le tiers restant pense en recevoir mais n’en reçoit pas. (groupe informé sans IP)

– les 25% restant (groupe contrôle) ne sont pas informés de l’étude.

Les mesures ont été faites a T0, puis a T1 (soit six semaines plus tard). Groupe de prière standard

– Bien-être psychologique a T0 et T1:

Echelle de Dépression,

Echelle d’Anxiété,

Echelle d’Evènements de Vie, mesure de la QDV, mesure des affects négatifs et positifs.

– Croyances a T1 : question fermée quant a la conviction qu’un intercessant a prié pour soi, questions ouvertes quant aux croyances et pratiques spirituelles et religieuses des participants.

– Absence de différence significative aux mesures de bien-être psychologique entre les groupes qui faisaient l’objet de prière et ceux qui n’en faisaient pas l’objet ; et entre ceux qui savaient qu’on pouvait prier pour eux et le groupe contrôle.

– Pas de différence de bienêtre psychologique entre les groupes selon la fréquence a laquelle ils pensaient qu’on avait prié pour eux.

– Pourtant, en comparaison au groupe informé mais sans prière, les participants du groupe informé mais qui recevaient l’IP avaient une conviction significativement plus élevée que quelqu’un avait prié pour eux pendant les 6 semaines.

    Méthode  

Titre et auteurs

Objectifs Sujets Protocole et principes expérimentaux Mesures Résultats et commentaires
Pilot study investigating the effect of Intercessory Prayer in the treatment of child psychiatric disorders, Mathai J., Bourne A., 2004. Etude pilote sur les effets de Prière d’Intercession sur la santé d’enfants présentant des troubles psychiatriques. 36 jeunes patients (âge moyen de 9 ans) accueillis dans un centre pour enfants et adolescents.

RCT – Randomisation des enfants en deux groupes :

– groupe Prière, pour qui un groupe de 6 intercessants a prié une fois par semaine pendant 3 mois (n= 17)

– groupe Contrôle, (n= 19)

Procédure en triple aveugle : ni les enfants, ni les cliniciens, ni les familles n’étaient informées de l’étude.

Groupe de prière standard

– Comportement : Strengths and Difficulties Questionnaire (SDQ) complété par les parents a T0 et T1 (3 mois plus tard).

– Santé : Health of the Nation Outcome Scale for Children and Adolescents (HoNOSCA), complété par les cliniciens a T0 et T1.

– Absence de différence significative au score de la SDQ et de la HoNOSCA entre le groupe contrôle et le groupe prière.

– Diminution significative avec le temps au score de la HoNOSCA pour tout l’échantillon.

= pas de bénéfice de l’IP par rapport au traitement habituel.

Intercessory Prayer and cardiovascular disease in a coronary care unit: a randomised controlled trial, Aviles JM et al., 2001. Déterminer l’effet de la Prière d’Intercession sur la progression d’une maladie cardiovasculaire après une hospitalisation. 799 patients hospitalisés entre 1997 et 1999 en unité de soins cardiaques.

RCT – Division des patients en 2 groupes a la sortie de l’hôpital :

– Groupe a Haut Risque (GHR) : patients âgés de plus de 70 ans, ou souffrant de diabète, de maladie cérébrovasculaire ou vasculaire périphérique, ou patients ayant eu un infarctus du myocarde.

– Groupe a Faible Risque (GFR) : patients ne présentant aucun des facteurs de risques mentionnés.

Randomisation de tous ces patients en 2 groupes :

– Groupe Prière : pour qui 5 intercessants par patients vont prier au moins une fois par semaine pendant 26 semaines.

– Groupe Contrôle : sans IP. Groupe de prière standard

Critères de fin après 26 semaines (évènements majeurs) :

– décès

– arrêt cardiaque

– ré-hospitalisation pour une maladie vasculaire.

– visite au Service d’Accueil des Urgences pour une maladie cardiovasculaire et une revascularisation coronarienne.

A 26 semaines, un évènement majeur est survenu pour 25.6% du groupe prière et pour 29.3% du groupe contrôle (p= .25)

Au sein du GHR, un évènement majeur est survenu pour 31% du groupe prière et pour 33.3% du groupe contrôle (p= .60)

Au sein du GFR, un évènement majeur est survenu pour 17% du groupe prière et pour 24.1% du groupe contrôle (p=.12)

= pas d’effet significatif de l’IP sur les données médicales recueillies chez des patients cardiaques après leur hospitalisation en unité de cardiologie.

= large tendance malgré cela a des scores plus faibles pour le groupe faisant l’objet d’IP.

           
           
           

Résultats

Sur la base des moteurs de recherche suivant, (et entre parenthèse le nombre d’articles trouvés), Cochrane library (26), Medline (9), Psyarticle (6), Psyinfo (6), Google scholar (26 500), 46 articles ont été recensés.

A noter que la base de données « Google scholar » a permis de trouver des articles inédits intéressants, mais sa structure de recherche est beaucoup trop large. A cela, certaines revues de littérature citées [6, 42, 43, 45] ont permis d’affiner la recherche pour arriver enfin, après les critères d’inclusion, à seulement 26 articles qui ont pu être sélectionnés.

De manière plus précise, sur ces 26 études qui ont été sélectionnées, 9 montrent les effets significatifs de l’intention de guérison à distance, 16 ne montrent aucun résultat significatif (et une mentionnée, mais écartée). Nous avons rajouté une étude dite neutre, méritant d’être commentée.

Etudes significatives

Au niveau de l’étude de l’influence de la prière sur la santé mentale, une première recherche de Sandberg et al. [48] fait état d’effets positifs de la prière sur l’amélioration de symptômes auto-perçus.

Toutefois, certaines limites méthodologiques sont à signaler, qui mettent en exergue l’effet de l’attente des patients par rapport aux effets de la prière, qui ne sont pas dissociés de l’espérance ressentie et souhaitée des patients quant aux effets positifs de la prière.

De même, chez Dehghani et al. [49], les effets de la prière se traduisent par une diminution de l’anxiété chez des femmes dont l’enfant est atteint du cancer.

Mais ici, ces femmes priaient pour elles-mêmes (nous ne sommes pas dans le cas de guérison à distance proprement dite), ce qui souligne aussi les effets positifs des attentes et croyances de ces personnes sur les effets bénéfiques de la prière.

On ne peut dissocier ici, l’effet de la prière proprement dit, du style adaptatif de la prière vue comme mécanisme d’adaptation (pouvant aider le patient) basée sur les attentes des patients comme souligné dans de nombreuses recherches [24].

Mais, nous considérons tout de même ces deux études comme valorisant les effets bénéfiques du processus de transmission d’intention sur autrui et soi-même, via la prière proprement dite. Bien sûr, certaines limites méthodologiques (absence de contexte en double aveugle) mériteraient des recherches additionnelles.

Toujours au niveau des effets de la prière sur la santé mentale, l’étude de O’Laloire, [50] fait état d’une amélioration de l’anxiété et de la dépression de manière significative.

Mais ici également, le rôle de la croyance (en la guérison) et indirectement de l’effet placebo peut être souligné car cette recherche présentée en double aveugle manque de rigueur méthodologique (effet double aveugle peu stricte). On peut supposer que les effets de l’attente positive de la prière pourraient se manifester.

Ceci met davantage en exergue les capacités d’autoguérison des patients que l’effet d’une guérison à distance proprement dite. Autrement dit, ces recherches soulignent un effet positif de la prière sur la santé mentale, mais mettent aussi en évidence l’effet placebo ou plus précisément, les attentes positives de la prière sur la guérison.

Si des patients pensent que la prière pourrait les aider et s’ils savent que des priants exercent une influence intentionnelle sur leur pathologie, un processus d’amélioration de la guérison se manifeste.

Il faudrait des études supplémentaires pour isoler cet effet d’effets potentiels de transmission d’intention de guérison (sans attentes particulière), ceci en mettant en place un système contrôlé strict en double aveugle.

Dans un registre pathologique différent, on peut noter avec l’étude de Conti et al. [51] les effets positifs de la prière sur des patients atteints d’insuffisance rénale au niveau (ici également) du groupe qui s’attendait à recevoir des prières d’aide, ceci sur l’amélioration de la pression sanguine et l’augmentation du taux de phosphate.

De même, pour les autres groupes (en procédure de double aveugle), on constate un effet significatif sur le fonctionnement social (qualité de vie).

Cependant, la prière a été associée à une dynamique de visualisation positive chez tous les patients, ce qui biaise fortement les résultats, mais souligne encore une fois, l’effet placebo possible (croyance en la guérison par visualisation positive et émission d’intentions personnelles de guérison – le patient s’efforçant de favoriser sa guérison par un effet intentionnel).

Le rôle de la croyance en la guérison via la prière doit ici être pris sérieusement en considération et des recherches supplémentaires isolant les effets de la croyance seraient à mettre en place.

Concernant les recherches de l’influence de la prière sur la qualité de vie et le bien être spirituel de patients cancéreux, Olver et al. [52] font état d’améliorations significatives pour le bien-être émotionnel et spirituel de ces patients.

Cependant, il est probable que ces derniers savaient qu’ils faisaient l’objet d’une recherche sur la prière (pas de contexte en double aveugle), ce qui souligne l’effet potentiel de la croyance en l’efficacité de la prière sur autrui.

Dans l’étude de Matthews et al. [53], la prière d’intercession montre des effets significatifs sur la diminution des symptômes d’arthrite rhumatoïde. Mais ici les soins ont été donnés en personne par le guérisseur, avec un contact avec le patient.

Ce dernier pouvait donc s’attendre à des résultats positifs, d’où un questionnement sur les effets de la croyance sur la guérison et l’amélioration de la santé (et de l’effet placebo).

Dans un contexte pathologique différent, l’étude de Leibovici et al. [54] fait état de résultats intéressants chez des patients présentant une infection du système sanguin. On note effectivement une durée plus courte des épisodes fiévreux pour le groupe expérimental, ainsi qu’une durée d’hospitalisation moins longue.

Concernant les recherches effectuées sur la douleur chronique en lien avec les effets de l’intention de guérison (différents de la prière) selon une approche japonaise (en double aveugle), Tsubono et al. [55] rendent compte d’effets significatifs sur l’échelle visuelle analogique, et l’échelle d’intensité de la douleur.

Cette recherche est très encourageante (malgré un nombre limité de sujets : 17) et souligne la pertinence de la guérison à distance sur la gestion de la douleur employant une technique différente de la prière.

Cette recherche très rigoureuse, ne permet pas de souligner un effet de croyance ; elle mériterait des recherches additionnelles sur un échantillon plus grand de patients.

Au niveau de l’augmentation de la qualité de vie chez des patients atteints de maladies chronique, Wiesendanger et al. [56] font état d’effets significatifs d’augmentation de la qualité de vie chez des patients qui souhaitaient bénéficier d’un traitement additionnel basé sur la prière.

Encore une fois, ceci peut souligner l’effet de l’attente de guérison (effet de la croyance et effet placebo) sur l’amélioration de la santé perçue.

Concernant des patients atteints de maladies cardiaques, Harris et al. [57] ont montré l’effet de la prière d’intercession (dans un contexte en double aveugle) sur la réduction d’éléments négatifs se manifestant dans ce type de pathologie.

Enfin, nous terminons par les résultats de l’étude controversée de Sicher et al. [17] qui se retrouve souvent dans la littérature vulgarisée sur ce domaine et qui soulignerait les effets positifs de la prière sur des patients (40 sujets) atteints du SIDA. Ici, il convient de rester très prudent.

En effet, les auteurs ont montré après 6 mois de traitement une baisse de nouveaux troubles immunitaires, une baisse de l’aggravation des maladies associées, une diminution du nombre de jours d’hospitalisation et une augmentation de l’humeur positive, mais pas de modifications au niveau des cellules CD4+.

Les auteurs restent prudents et parlent de suggestion de l’effet de la guérison à distance sur la santé physique et mentale, invitant à la mise en place de recherches additionnelles et en mettant en exergue certains biais comme l’effet de l’espoir en lien avec la participation à ce type de recherche (« nous savons qu’on prie pour nous, donc je vais aller mieux »), et toujours de l’effet placebo en lien avec la perception d’amélioration de la santé au début des traitements, la contrainte du double aveugle n’étant pas totalement maîtrisée.

Cha et al. [58] présentent une étude sur les effets de la prière sur le taux de grossesse de femmes participant à un programme de fécondation in-vitro et font état d’effets significatifs pour le groupe recevant des prières en termes de taux de grossesse et d’implantation plus élevés.

Ces résultats, dans un processus en double aveugle rigoureux semblent intéressants et questionnent l’effet de l’intention de guérison sur des aspects non pathologiques et dans un contexte méthodologique rigoureux.

Toutefois des hypothèses de fraude chez certains de ces auteurs (Wirth) ont été mises en évidence [47]. De ce fait, par souci de précaution, nous mentionnons cette étude mais, nous ne la conservons pas en termes de recherches représentatives.

Etudes non significatives

Nous avons mis en lumières 16 études non significatives sur les effets de la guérison à distance (via la prière majoritairement et d’autres approches de guérison à distance sur la santé physique et mentale).

Ces recherches ont été effectuées sur des patients atteints du SIDA [59], sur le rétablissement de patients ayant eu des lésions cérébrales traumatiques [60] et sur des maladies cardio-vasculaires [61, 62, 63].

Au niveau de la santé mentale, les études de Callaghan et al. 2008 [64] sur les symptômes de stress, d’anxiété et de dépression, de Wright, 2006 [65], de Greysom, 1996 [66], et de Mathai et al. 2004 [67] sur des troubles psychiatriques chez l’enfant ne montrent pas d’effets significatifs de la prière d’intercession.

De manière additionnelle, des recherches ont également été menées sur des populations étudiantes au niveau du bien-être et de la qualité de vie et certains aspects de la santé mentale [68, 69], sur des patients cancéreux [70] où des personnes via une méditation « Tong Len » mettaient en place un processus de guérison à distance.

On notera une augmentation significative des scores à la POMS et EQ 5D, qui invitent à des recherches supplémentaires, mais ne conclut pas à souligner l’efficacité de cette approche de soin à distance.

Les champs de la douleur chronique [71], de la fatigue chronique [72] de l’abus d’alcool et de drogue [73], et des effets négatifs de la grossesse [18] ont également été étudiés.

Toutes ces recherches ne mettent pas en évidence les effets thérapeutiques de la guérison à distance via la prière notamment. Cependant, on retrouve des biais méthodologiques importants qui invitent à mettre en place des protocoles de recherches plus rigoureux dont nous allons parler dans la partie – limitation – de cette étude.

Enfin, nous soulignerons l’étude de Witter et al. [74] qui se positionne sur l’effet de l’attente des patients sur l’efficacité de la prière d’intercession lors d’une expérience douloureuse chez des patients atteints de douleur chronique.

Cette étude souligne les effets de la croyance (et donc de l’effet placebo) sur la réduction de la douleur de patients ayant des douleurs chroniques, et mérite d’être soulignée, même si elle n’étudie pas directement les effets de la guérison à distance au même titre que les recherches précédentes.

En termes de synthèse, ces recherches (9 significatives) font état « d’effets positifs » des intentions de guérison via la prière d’intercession en majeur partie, et 16 études ne montrent pas d’effets positifs.

Toutefois, on a souligné de nombreux biais méthodologiques sérieux (dans l’ensemble de ces travaux) qui d’un part, n’ont pas toujours été mentionnés et qui d’autre part, ne permettent pas de valider de manière significative la prière d’intercession (et l’intention de guérison) comme approche de guérison à distance.

Cependant, cela ne veut pas dire que ces approches n’apportent pas des éléments positifs chez les patients utilisant la prière, notamment dans la mise en oeuvre de l’importance des croyances des patients dans leur guérison (s’ils savent que des personnes leur apportent de l’aide en termes de prière de guérison) et de l’effet positif de la prière en tant que processus d’adaptation face à la maladie [24].

Concernant l’importance de la croyance dans le processus d’aide à la guérison, 8 recherches sur 10 soulignent cette influence. Quand un protocole en double aveugle n’est pas opérationnel, l’influence de cette croyance dans l’aide apportée par la prière peut avoir des effets importants.

Ceci est un élément qu’il conviendrait de développer à l’aide d’études plus poussées sur le sujet (effets de la guérison à distance dans un contexte randomisé et contrôlé en double aveugle, croisé à des études sans protocole en double aveugle).

De ce fait, on ne peut écarter les effets bénéfiques de la prière qui est considérée comme une approche thérapeutique complémentaire [24] en termes de coping notamment, mais pas nécessairement avec un principe explicatif faisant intervenir une transmission d’intention de guérison ou un facteur de type religieux ou spirituel qui ferait intervenir une intelligence « autre » et bienveillante, nommée dieu dans certaines études.

Des recherches additionnelles s’avèrent donc indispensables pour continuer à expliciter ce point. De plus, il existe de nombreuses limites méthodologiques sérieuses à ces recherches appelant la mise en oeuvre de travaux sur des pistes de recherches futures.

Limites méthodologiques (et pistes de recherches futures)

Plusieurs réserves méthodologiques de différentes importances peuvent être soulignées. Nous allons en identifier quelques-unes basées sur cette recherche et se retrouvant d’ailleurs bien souvent dans les réflexions de chercheurs de travaux précédents :

Premièrement

Il semble difficile d’obtenir un groupe contrôle pertinent [75]. En fait, il est difficile d’être sûr qu’il n’y a pas de prière (ou d’intention de guérison) pour les membres du groupe contrôle (par la famille ou les amis) et ceci indépendamment de la recherche. Si tel était le cas, ces prières (ou intentions de guérison) pourraient contaminer les résultats de la recherche.

Ceci est sans doute un biais minime, mais il convient de le souligner.

De plus, la sélection du groupe de prière pourrait être optimisée. Il n’y a pas de critères scientifiques précis recherchés. Le fait de trouver des personnes qui prient et qui participent à ces recherches est déjà un succès, mais n’est pas satisfaisant pour autant.

Il serait intéressant de réfléchir à des critères de groupes de prières pertinents, mais cette question soulèverait indubitablement des interrogations d’ordre éthique : qu’est ce qu’un bon groupe de prière, que veux dire bien prier ?

Cependant, une amélioration de la sélection du groupe de prière (ou d’intention de guérison) serait une piste de développement pertinente.

Deuxièmement

Plusieurs problématiques peuvent être soulignées au niveau de l’intervention de guérison proprement dite.

Dans la plupart des recherches où intervient la prière comme intervention (80 % des cas environ de guérison à distance), il est juste question de prières données par, soit des religieux de différents groupes (chrétien, protestant, musulman, chamanique…), soit par des personnes non religieuses de profession mais croyantes, c’est-à-dire admettant qu’une « force » puisse recevoir leur demande via la prière et agisse sur les patients.

En fait, c’est la question de l’opérationnalisation de la prière qui se pose [76, 47]. Dans une optique d’amélioration, celle-ci pourrait se traduire en termes :

  • de traditions religieuses (y a-t-il des différences entre les traditions religieuses en termes de prières ? et si oui, on peut s’intéresser aux conséquences philosophiques de cette question [47]. Il serait intéressant de comparer s’il existe une différence en termes de traditions religieuses ; autrement dit comparer plusieurs traditions et une approche de guérison à distance non religieuse et voir si des différences en termes d’amélioration de la santé apparaissent, ce qui serait dans un contexte rigoureux, très problématique en l’occurrence d’un point de vue théologique et philosophique ;
  • du processus de prière (celui-ci est-il le même chez tous les prieurs ?) – une différence d’approche dans le fait de prier peut-il avoir une incidence sur les résultats ? Il existe plusieurs façons ou styles de prière ou d’intention de guérison – aucune mesure, ni aucun contrôle n’a été fait sur cette question [66]. Une comparaison entre plusieurs styles de transmission d’intention de guérison serait pertinente afin de savoir si « l’effet de guérison » est lié à des variables personnelles chez le prieur ou non. Ce domaine très vaste n’a jamais été pris réellement en considération ;
  • de la différence entre la prière et l’intention de guérison, c’est-à-dire le fait « d’envoyer » vers le patient des pensées de guérison (ex : « je souhaite que tu guérisses », « la maladie va disparaître »), il n’y a pas de formulation claire de l’intention de guérison ou de forme standard de prière – chaque prieur utilise le support de prière qui lui convient, sans qu’il y ait un standard précis (différents types de prière pourraient-ils avoir des effets différents ?). Une comparaison entre un groupe de prière type et une demande de guérison pour soi ou autrui (à caractère non religieux sans être athée ou matérialiste) apporterait une clarté à ces challenges ;
  • de la fréquence de la prière (la même fréquence de prière devrait exister dans ces études – autrement dit, une prière de 30 minutes est-elle plus efficace ou non qu’une prière de 3 minutes ? – [47], cette donnée n’a jamais été prise en considération ;
  • de l’intensité de la prière (la prière peut être réduite à une récitation de phrases religieuses ou non, mais la ferveur et l’intensité de croyance du priant peut jouer – une mère qui prié pour son enfant malade aura-t-elle une intensité de prière plus grande que le priant inconnu du patient ?), et cela pourrait-il avoir des effets différents en termes d’aide à la guérison ? Le bon sens nous amène naturellement à souligner le fait qu’un parent priant pour son enfant malade aurait plus de « force » qu’un inconnu priant sur la base d’une photographie.

De ce fait, l’absence de critères opérationnels de la prière constitue des variables modératrices importantes, sans lesquelles il est difficile de déterminer si la prière est efficace, et qui peuvent altérer les résultats de ces recherches. Il conviendrait de développer des études dans ce domaine et comparer l’efficacité de ces diverses dynamiques.

Troisièmement

Les modalités de contrôle de l’intervention de guérison et du groupe de prière seraient à optimiser au niveau :

  • de la différence entre les types de prière (on ne contrôle pas si le prieur utilise la même prière ou intention de guérison ou s’il change au cours du temps – autrement dit, il n’y a pas de protocole précis de prière). Sans protocole standard définissant la prière, il y aura toujours des déviances. Il serait bon de créer un standard d’intention de guérison via un certain nombre de mots clés ou un texte (ou une prière précise que le prieur pourrait répéter) et qui serait une référence ;
  • des différences de représentations du divin qui sont mobilisées par les personnes. Ici, chacun a une représentation personnelle du rapport au divin qui est inconnue. On peut imaginer que des perceptions différentes du rapport au divin pourraient apporter des différences en termes de résultats. De même, une comparaison entre une approche de guérison par intention non religieuse et religieuse serait intéressante ;
  • de la connaissance du patient et de sa pathologie par le prieur. Il conviendrait d’étudier la différence entre un groupe de prieurs connaissant le patient et sa pathologie et un groupe n’ayant pas d’information ou juste une photo du patient ;
  • de la motivation des prieurs, on peut supposer que cette variable est conséquente en termes d’efficacité, comme elle pourrait l’être dans toute activité motivationnelle. En fonction de l’intensité de la motivation à guérir à distance, les effets sur la santé pourraient s’en trouver modifiés ;
  • de la différence entre la prière individuelle et de groupe ;
  • du contrôle non systématique du nombre de personnes participants au groupe de prière (peuton voir une différence entre une ou plusieurs personnes qui prient pour un patient ?), autrement dit, y a-t-il un effet accumulateur ?
  • du contrôle de l’effet placebo et de la croyance en une guérison potentielle ou une amélioration de la santé qui est très souvent peu isolée de la prière proprement dite. On constate dans beaucoup de recherches des résultats significatifs quand les patients savent que l’on prie pour eux. Il faudrait isoler ce fait par un contrôle strict en double aveugle, ce qui n’est le cas que dans très peu de recherches. A ce niveau, les études sont très pauvres dans le fait de préciser les circonstances de la recherche ; un critère en double aveugle, tant pour les patients que les évaluateurs serait un élément très pertinent. En ce qui concerne les thérapeutes ou prieurs, les mettre en aveugle constituerait un sérieux problème dans la mesure où ils ont besoin d’informations sur les patients et leur pathologie. En fait, ces recherches nécessiteraient des critères méthodologiques beaucoup plus stricts pour aboutir à des conclusions plus précises, ce qui n’enlève rien aux démarches déjà effectuées.

On observe donc que dans ce domaine d’étude nouveau et très controversé, il existe beaucoup de limites qui pourraient être supprimées [48, 42, 5] apportant ainsi les éclaircissements souhaités. Les prochaines recherches devraient impérativement inclurent cette optimisation méthodologique afin d’éclaircir au mieux cette question.

Conclusion

Dans l’optique d’une efficacité de la guérison à distance (transmission d’intention en vue d’améliorer la santé, par la prière ou d’autres modalités non religieuse), on doit se poser la question des pistes d’explication du phénomène.

Tout d’abord, notre cerveau ou notre esprit (dans une optique plus spiritualiste) est-il capable de générer une forme quelconque d’énergie transmissible pouvant affecter la santé d’autrui, un peu comme les expériences de transmission d’intentions développées par les recherches naissantes en parapsychologie [49], et de l’orienter sur nous-mêmes ou sur autrui ?

Pour de nombreux chercheurs, le simple concept de guérison à distance continue de susciter une résistance importante pour deux raisons principales :

La première est basée sur l’hypothèse qu’une « action à distance » est impossible car elle enfreint une ou plusieurs lois physiques ou biologiques [77, 46].

Pour cette première critique, les connexions « non locales » de l’intrication quantique ont été démontrées de façon convaincante, [49, 79] établissant que des corrélations physiques instantanées sur des distances macroscopiques, ainsi que des connexions transcendant le temps, ne sont plus des possibilités théoriques surprenantes, mais des faits empiriques.

De plus, concernant ce point, en dépit du fait que la guérison à distance via la prière soit compréhensible en tant qu’acte de compassion et de bienveillance ou en tant que mécanisme d’adaptation psychologique, l’idée qu’il puisse être efficace à distance est un défi important en raison de l’absence de mécanismes plausibles permettant des interactions entre guérisseurs et patients sur une distance [44].

Cependant, compte tenu des preuves bien acceptées du concept de non-localisation quantique [80], qui démontre l’existence d’une « action fantasmagorique à distance » (comme l’a souligné Einstein), et en particulier des preuves croissantes d’effets de cohérence quantique [81], les mécanismes physiques possibles pour la guérison à distance sur des systèmes vivants ne sont plus inconcevables comme le soulignent les recherches de Schmidt et al. [82].

Bien sûr, cette question mériterait d’être approfondie.

La seconde raison est fondée sur l’hypothèse basée sur les neurosciences que l’esprit (nos états mentaux) est identique au cerveau, auquel cas cela n’a pas de sens de proposer que l’activité cérébrale que nous appelons « intention de guérison » puisse interagir avec tout ce qui se trouve en dehors du corps du cerveau [83].

Cette critique est fondée sur l’hypothèse selon laquelle l’activité mentale subjective (c’est-à-dire la prise de conscience) découle mécaniquement de l’activité cérébrale malgré le fait que personne ne sait vraiment comment cela peut se produire [5].

Mais si le cerveau et l’esprit ne sont en fait pas identiques, comme le suggèrent les expériences de guérison à distance, de nouvelles possibilités pourraient se présenter, où l’esprit peut être en mesure d’interagir avec le monde d’une manière impossible pour le cerveau [84].

C’est toute la question de la non-localité de la conscience dans le cerveau qui est posé ici ravivant ainsi les anciennes thèses monistes matérialistes versus dualistes.

En second lieu, est-ce un processus personnel d’adaptation psychologique qui peut renforcer notre potentiel de santé activant nos croyances et nos représentations (effet placebo), par l’intermédiaire d’un angle psycho-neurologique lorsque l’on sait qu’une personne prie pour nous ?

Et enfin, le fait de savoir qu’une personne prie pour nous peut-il être suffisant pour que l’individu active un processus d’auto guérison sous un angle psycho-neuro-immunologique.

Cette hypothèse soulignée par cette recherche qui met en exergue les effets positifs de la prière quand les patients savent que l’on prie pour eux, va dans le sens de l’effet de la croyance sur la guérison des patients [85]. Le patient serait-il capable de se guérir lui-même en agissant directement sur ses processus biologiques ?

En troisième lieu, est-ce une dimension transcendante en lien avec une divinité immatérielle (ou une intelligence bienveillante) qui étant à l’écoute de demande, intercède en faveur du priant et agit dans un processus de guérison du patient, comme beaucoup de personnes le pensent dans une optique religieuse ou spirituelle ?

Cette hypothèse d’ordre métaphysique, voire théologique ne peut être testée d’un point de vue expérimental et mériterait d’être fortement commentée, ce qui n’est pas l’objet de ce travail.

Dans tous ces cas de figures qui ne sont sans doute pas exhaustifs, une réponse simple n’est pas facile.

Le débat entre les tenants du principe de guérison par la prière [2, 86] et ceux qui contestent la validité de ces résultats sur la base principale de faiblesses méthodologiques [87] et disons le peutêtre d’une certaine perspective mécaniste de l’homme, est à l’honneur aujourd’hui.

Certaines méta-analyses seraient plus mitigées et se positionneraient sur une position médiane soulignant l’intérêt de ces recherches, sans pouvoir valider le fait que la guérison à distance apparaît comme un champ thérapeutique probant [42, 43], tout en soulignant l’effet positif de la prière pour les patients, en termes d’accompagnement social.

Au niveau des effets de la prière sur la santé, le domaine de recherche est vaste et a fait l’objet de nombreuses études qui n’ont pas toutes toujours suivi la rigueur scientifique nécessaire à ce type d’exploration pour aboutir à des conclusions rapides mettant en évidence ou non, le rôle thérapeutique de la prière.

Dans un cas comme dans l’autre, il faut se doter d’une ouverture philosophique et anthropologique comparée et d’une solide rigueur scientifique, en tentant d’aborder l’être humain de manière holistique.

On constate donc que beaucoup d’aspects méthodologiques de ces recherches doivent être améliorés et qui participent d’une manière ou d’une autre à l’explication de ces résultats.

Une dynamique de recherche dans le domaine de l’influence de la guérison à distance, via la prière sur la santé est née, il y a quelques années aux Etats-Unis, qui passionne de plus en plus un grand nombre de chercheurs.

On peut espérer que cet engouement ne se limite pas géographiquement et qu’un nombre croissant de chercheurs européens et français se positionneront rapidement sur cette question.

Comme tous secteurs de la recherche, les premières études se heurtent à des résultats qui sont à prendre avec prudence, mais qui indubitablement ne peuvent que chatouiller la curiosité d’esprits scientifiques ouverts et innovants.

Un certain nombre de recherches montrent très clairement que des intentions à caractère religieux et spirituel de guérisons affectent notre santé, alors que d’autres dans des conditions identiques, font état du contraire.

Il est clair que des recherches additionnelles sont nécessaires afin de mettre en lumière ce qui se passe réellement au niveau de la prière d’intercession (et de la guérison à distance) et de son impact sur notre santé.

On a remarqué, pour différents sujets, que le fait de savoir que des personnes prient pour leur guérison entraîne des effets sur la santé. L’effet placebo activant la force de nos croyances peut être invoqué ici, et beaucoup de recherches vont d’ailleurs dans ce sens.

Toutefois, des résultats intéressants (bien que limités en nombre) mettant en évidence les effets bénéfiques de la guérison à distance apparaissent aussi chez des patients n’étant pas au courant de la démarche.

L’effet placebo ne peut être ici un principe explicatif unique. Par conséquent, il existerait autre chose qui se passe entre un individu qui génère une intention de guérison pour un autre.

On sait que nos émotions positives ou négatives peuvent avoir un impact sur notre santé via l’axe psycho-neuro-immunologique, le courant de la psychologie positive ayant mis clairement en lumière des résultats intéressants dans ce domaine au niveau du rapport de l’individu avec ses propres émotions.

Se pourrait-il également que des émotions positives ou négatives, bref, des intentions agissent sur d’autres individus via une transmission qu’il reste à découvrir ?

La science évolue également dans son approche et ses paradigmes et des chercheurs proposent aujourd’hui des modèles explicatifs différents qui pourraient expliquer comment une pensée, ou une intention pourrait affecter positivement ou négativement un autre individu.

Le domaine de la santé a été le plus exploré et des recherches sur le pouvoir des guérisseurs à distance dans notre civilisation et dans des civilisations traditionnelles, où la spiritualité et la religion sont souvent vues comme des facteurs de stimulation d’une intention de guérison qui se transmettrait à autrui, sont en cours et promettent sans doute des ouvertures intéressantes.

Il est donc un peu tôt pour conclure sans réserve sur le fait que la prière peut être associée à une pratique thérapeutique valide, même si des résultats sont encourageants, et il faut redoubler de prudence face à des personnes qui pourraient uniquement orienter une guérison sur une base de prière et délaisser les pratiques médicales classiques.

C’est une dynamique de recherche nouvelle, accompagnée par des regards innovants sur l’homme et son fonctionnement qui permettront sans doute de nous éclairer sur cette question.

Auteur : Claude Berghmans
PHD Psychologie

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