Dès notre naissance, voire notre conception, une place nous est donnée et nous prenons ainsi position dans la longue lignée d’hommes et de femmes qui constitue notre histoire et notre propre système de vie.

Dès les prémices de notre existence, les événements, les aléas de la vie, la nôtre et celle de nos ancêtres, vont influer considérablement sur notre devenir.

Ces liens inconscients conduisent à des comportements qui bloquent la vitalité et contrarient nos projets de vie.

Comment s’en libérer, retrouver l’harmonie sans rompre les liens essentiels à notre famille ? Comment se créent ces intrications ? Quels sont les effets des constellations familiales et comment se vivent-elles ?

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Auteur : Lucien Essique

Dès votre naissance, j’affirme même dès votre conception, une place vous est donnée dans la longue cohorte d’hommes et de femmes qui constitue le système de vie auquel vous appartenez.

S’il en est ainsi, aux prémices de votre existence, les événements, les aléas de la vie, la vôtre et celle de vos ancêtres, vont influer sur la façon de l’apprécier, et beaucoup de personnes vont revendiquer une autre place, par mission de fidélité au destin d’un autre ou par le simple fait de ne pas se sentir reconnues.

Cet état est source de mal-être, de blocages divers dans votre vie. Se sentir à sa juste place est un gage de vitalité, de réussite dans la vie ; pourtant, certains se reconnaîtront dans les quelques exemples suivants :

Le premier sujet auquel je souhaite faire référence est la fratrie, et je désire évoquer cette histoire. Un jeune enfant de 5 ans avait beaucoup de mal à gérer ses nuits : endormissement difficile, sa maman devait lui promettre d’être présente à son réveil…

Il était vu et reconnu comme enfant unique. En écoutant cette situation, j’ai perçu qu’il manquait deux frères et soeurs à cet enfant et, suite à cela, la maman me révélait que lors de la naissance par césarienne, il y avait dans l’utérus un autre enfant mort.

En poursuivant le travail, il est apparu qu’il y avait eu la perte d’un autre embryon, au début de cette grossesse. Par sa difficulté de vivre ses nuits, ce jeune enfant tentait de faire remonter à la conscience familiale les deux autres membres manquants de sa fratrie.

Quelques semaines plus tard, les nuits reprenaient un cours normal. Chacun avait sa place, c’est ce qui s’appelle passer d’un à trois.

Cet exemple n’a rien d’extraordinaire dans beaucoup de fratries. Il peut s’être produit des fausses couches, des avortements, des enfants mort-nés, la perte d’un jumeau avant les trois mois de grossesse. Ces événements sont bien souvent cachés, dissimulés, méconnus…

L’enfant vivant d’une fratrie risque alors de rappeler, par des comportements atypiques, des somatisations, un mal-être ou un mal-vivre, le ou les enfants absents. Le fait d’intégrer, de faire remonter à la conscience ces exclus permet de se sentir à sa juste place, il devient alors possible de vivre pleinement sa vie.

Une invitation à prendre sa véritable place dans la vie

Le deuxième exemple est tiré de mon propre travail. Il se trouve que mon père n’a jamais connu son géniteur ou, plus exactement, que son géniteur ne l’a pas reconnu.

Je ne l’ai jamais entendu en parler et, dès tout petit – et ce, jusqu’à l’âge adulte –, j’ai inscrit beaucoup de somatisations et de maladies sur le côté droit de mon corps. (Le côté droit renvoie au masculin, voire à la lignée pater- nelle, et le gauche au féminin, et donc à la lignée maternelle.).

J’ai même rencontré une femme qui m’a demandé de lui faire un enfant dont je ne serais pas le père. Cette demande m’a intrigué, elle me conduisait à répéter ce qui avait été vécu deux générations avant moi.

Je n’y ai pas répondu, mais la réalité de la vie m’amenait à mettre au jour la place manquante dans l’échiquier familial, celle de mon grand-père.

J’ai réalisé deux constellations familiales qui m’ont permis de mettre du sens, d’intégrer ce géniteur qui, même s’il n’avait pas rempli la fonction de père et en ce qui me concerne de grand-père, avait transmis la vie !

Il a aujourd’hui toute sa place dans mon coeur et cela me permet d’être à ma propre place et d’arrêter les répétitions inconscientes.

La deuxième constellation m’a permis de mettre en lumière la présence d’un autre homme que je n’avais pas connu, le beau-père, celui qui a pris la fonction de remplacement du père.

Ce furent deux belles prises de conscience libératrices ! La notion de place est essentielle dans notre vie, elle est un point d’ancrage au sein de notre famille.

La constellation familiale a une dimension systémique et transgénérationnelle, son champ d’investigation est l’ensemble du système familial.

Imaginez votre arbre généalogique remontant sur cinq à six générations, vous verrez que chacun y a une place bien déterminée et vous ne vous imagineriez pas vouloir prendre la place de l’arrière-grand-père ; et pourtant, inconsciemment, c’est peut-être ce que vous mettez en oeuvre avec beaucoup d’aveuglement !

Réintroduire les exclus

Comme vous l’avez constaté lors du précédent exemple, les constellations familiales proposent de réintroduire les exclus : il faut entendre par ce terme toutes les personnes appartenant au système familial qui ont été, de par un destin difficile, mises de côté, oubliées, cachées, occultées de la conscience.

Si je prends l’exemple des personnes qui se sont suicidées, leur acte a souvent été vécu avec beaucoup de violence, avec incompréhension, et la façon dont ces personnes ont quitté la vie s’est transformée en non-dit. J’ai vu dans certaines familles des suicides à chaque génération !

Ces personnes, qui avaient leur place dans le système familial, deviennent par ce non-dit des exclus.

Comme la nature a horreur du vide, certains descendants vont avoir tendance inconsciemment, avec beaucoup de générosité et d’amour, à rappeler cet exclu à partir de différents comportements atypiques, en l’occurrence des comportements suicidaires ou l’expression d’une vie sans but.

Les exclus peuvent être des morts à la guerre, des ex-compagnes ou ex-compagnons, des avortements, des personnes déshéritées, des personnes victimes d’un crime et, dans ce cas spécifique, l’assassin a aussi besoin d’être intégré ; ce peut être aussi des femmes mortes en couches, la liste est longue…

La rencontre avec un niveau de conscience supérieur

Les constellations familiales interrogent trois niveaux de conscience.

Votre propre niveau de conscience, celui de l’ensemble du système familial et un autre niveau de conscience plus élevé que j’appellerai « supra conscience » ou « Grande Âme » – ce dernier nom est utilisé par Bert Hellinger créateur des constellations familiales.

La particularité de cette approche est la rencontre avec cette supra conscience qui est une source d’amour inconditionnel, un champ de guérison et d’ouverture infini.

Le chemin commence par une prise de conscience personnelle de ce qui vous encombre, de ce qui vous limite ou l’identification des répétitions de scénario de vie auxquelles vous êtes confronté.

Ne cherchez pas à comprendre mais essayez plutôt d’entendre, de percevoir ce qui se joue chez vous et soyez habité de cette intention profonde d’ouvrir le chemin vers la mise au jour des dynamiques inconscientes qui vous lient à un autre champ de conscience, celui du système, de la famille.

Le champ de conscience personnelle prend sa source dans le sentiment d’appartenance à une famille, à un système au sein duquel vous avez pris la vie. Vous vous sentez relié et vous apprenez à exister en fonction de cette appartenance en vous rapprochant au mieux des règles dictées par ce système.

Si vous vous en éloignez, vous pouvez alors ressentir une dissonance, une culpabilité. Le champ de conscience du système familial est vaste, il est empreint de règles qui ordonnent son fonctionnement et qui demandent à être respectées.

Ces dernières sont essentielles dans le travail en constellations familiales. En voici trois :

L’appartenance : Tout membre a sa place dans un système familial.

Dès sa conception, le nouveau membre prend une place qui est indéfectible. La conscience familiale n’accepte pas l’exclusion, elle est là pour créer l’unité, la cohésion au sein de ce système. Si un membre a été oublié, exclu, l’ordre est troublé.

L’ordre : Le système respecte l’ordre chronologique.

Vos parents sont nés avant vous, ils auront toujours cette place, idem pour votre frère ou votre soeur aînée. Si un enfant veut prendre la place d’un parent ou revendiquer la place d’un autre membre du système familial, l’ordre est troublé.

Il est donc essentiel d’honorer ceux qui nous ont précédés et de respecter notre propre place. Je vous propose de valider votre propre position par rapport à vos ascendants :

Je suis le fils ou la fille de, le petit-fils ou petite-fille de… et de remonter ainsi dans la chaîne de transmission de la vie : voyez ce que vous ressentez. Faites de même par rapport à votre fratrie en posant un numéro sur votre propre place, le premier étant l’aîné.

L’équilibre entre donner et recevoir : Les relations humaines s’équilibrent entre donner et recevoir. Vous avez reçu la vie, c’est le don de vos géniteurs, il est essentiel de pouvoir les remercier, les honorer.

Vous pouvez être en désaccord par rapport à un de leurs comportements, mais la reconnaissance des géniteurs, pour le don qui a été le leur, est vitale.

Si vous êtes dans le déni, vous perdez une part d’énergie et la conscience du système s’en trouve affaiblie. Je prends souvent cet exemple issu de la nature et plus spécifiquement des arbres.

Si un rameau ne souhaite plus se nourrir de la branche maîtresse, il dépérit. C’est la même réalité pour ce qui nous concerne. La supra conscience est au-dessus des autres niveaux de consciencec’est ici que vous prenez conscience des valeurs suprêmes.

Elle vous apprend à cultiver l’amour inconditionnel, l’acceptation, la réconciliation avec vous-même et l’ensemble de votre système familial.

Ce niveau de conscience, vous l’éprouverez au cours du travail en constellation familiale, vous pourrez ressentir une force d’amour, de la plénitude, un ressourcement au plus profond de votre être.

À ce niveau, les jugements, les critiques, les ressentiments sont absents. Vous êtes invité à vivre l’acceptation pleine et entière, vous ouvrez en votre être un chemin de réconciliation qui vous fera grandir.

Plus vous vous élèverez à ce niveau, plus vous prendrez de la distance vis-à-vis des futilités de votre vie. Vous vivrez – je vous le souhaite – une harmonisation interne, une ouverture de votre être au subtil et à une vision de la vie empreinte d’humilité, d’amour et d’espérance.

Ce travail et la pratique des constellations familiales ont transformé ma vision de la vie et ma relation au monde, car il est possible de voir le monde, les sept milliards d’habitants comme le système au sein duquel chaque être humain a pris une place.

À ce niveau, l’objectif est bien d’essayer de vivre ensemble plutôt que d’exclure !

Si le début d’une constellation familiale prend naissance à partir de la difficulté que vous exprimez, si un chemin va vous faire parcourir des rencontres essentielles, des mises au jour révélatrices, des confrontations inouïes, vous allez recevoir de véritables messages qui guérissent, qui réunifient et vous serez comblés d’une énergie qui vous restaure.

C’est une élévation et une nouvelle vision de votre être, de votre origine et du chemin que vous allez suivre, plus fort de cette nouvelle connaissance intime de votre être.

Auteur : Lucien Essique

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Magazine Essentiel n°14

 

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