Bonne ou mauvaise conscience, inconscience, état modifié de conscience…

Pour bien comprendre ce qu’est la conscience et apprendre à en explorer tous les « états » il faut d’abord se poser quelques questions indispensables : qu’est-ce que la conscience ?

Où se trouve-t-elle ?

Les phénomènes de la conscience sont-ils les mêmes pour un médecin, un physicien, un religieux… ?

Qu’entend-on par « états de conscience » ?

Aujourd’hui, parler de conscience revient à plonger dans une contradiction. La science, comme la philosophie et les religions tentent d’étudier la conscience, chacun à la lumière de ses exigences et de ses objectifs.

D’autre part, d’innombrables traditions philosophiques, spirituelles et mystiques (pour ne pas mentionner les expériences du chamanisme originel) enseignent que toute expérience est supposée être créée par la conscience, et tend à expliquer que la réalité tangible que nous croyons percevoir n’est finalement qu’illusion.

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Auteur : Patrick Drouot et Marie Borel

Un jour de 1988, quelque part sur l’autoroute A6…

La voiture roule tranquillement sur l’autoroute presque déserte. Laure a laissé le volant à son compagnon dont la conduite prudente et souple la rassure.

À l’arrière, leur fils Hugo s’est endormi. La petite troupe fait route vers les rives de la Méditerranée pour aller passer Noël en famille. Une pluie fine et glacée dessine un rideau mouvant autour du véhicule.

Laure se sent en sécurité dans cette bulle. Elle apprécie ces moments paisibles où elle peut laisser vagabonder ses pensées. L’épaisse couverture nuageuse ne laisse filtrer qu’une faible lumière, grise et humide.

La radio, réglée sur France Musique, diffuse la musique concrète et déstructurée de Pierre Henry. Le concerto égrène ses notes disparates d’où n’émerge aucune mélodie repérable.

Le chuintement régulier des essuie-glaces rythme cet étrange flot de sons. Laure, les yeux mi-clos, ne pense à rien de précis.

Le paysage vallonné du Morvan défile derrière les larges bas-côtés de la chaussée et son regard suit ces images sans vraiment y prêter attention.

D’un coup, elle a l’impression que l’air autour d’elle change de consistance. Il devient plus épais, presque matériel, comme s’il se mettait à palpiter.

Laure ne réalise pas tout de suite qu’il se passe quelque chose d’inhabituel. Elle se laisse aller, se livre à ces sensations inhabituelles mais très agréables.

L’habitacle semble entrer en expansion, comme une bulle qui avalerait progressivement les limites de la voiture, puis la chaussée, les bas-côtés…

Jusqu’aux collines qui cernent son environnement. Elle se laisse couler dans cette dilatation, au point de ne plus sentir les limites de son corps. Aucun son ne parvient plus à ses oreilles.

Laure se fond dans l’Univers, avec la certitude qu’elle pénètre dans la vérité du monde. Un voile s’est déchiré devant ses yeux, laissant apparaître le « réel » dans toute sa splendeur.

L’Univers est vivant. Elle sait tout. Elle est tout. Une étrange paix s’immisce dans tout son être. Elle se sent aimée, rassurée.

« C’est comme si d’un coup, j’étais “complète”, raconte Laure… Comme s’il avait toujours manqué une partie de mon être que je venais de retrouver. »

3 minutes inoubliables

Le miracle (Laure nomme ainsi cette expérience) cessa à l’instant précis où la jeune femme, consciente de l’étrangeté de ce qu’elle traversait, voulut en parler à son compagnon.

En une fraction de seconde, le rideau déchiré retrouva sa structure, l’air perdit sa consistance, les sons alentour redevinrent audibles…

Laure chercha à mettre en mots ce qu’elle venait de vivre, mais elle n’y parvint pas. Elle se sentait comme orpheline, plus mélancolique que vraiment triste, comme si elle venait de perdre une partie d’elle-même.

Le miracle ne s’est plus jamais reproduit depuis. Ce que Laure a vécu ce jour-là l’a profondément marquée. Le tout n’avait duré que deux ou trois minutes au cadran des horloges, mais là où elle se trouvait, le temps n’existait plus.

Elle aurait tout aussi bien pu y passer deux ou trois heures. Dans sa tête et dans sa chair, les sensations étaient pourtant bien présentes, mais si difficiles à raconter qu’elle se tut. Pendant des années. Peu à peu, elle se fit une idée.

« Aujourd’hui, dit-elle, je ne sais toujours pas exactement ce qui m’est arrivé. Mais j’ai appris beaucoup, j’ai compris des choses… Je crois fermement que j’ai été “transportée” dans un autre lieu, un autre temps…

J’ai voyagé dans des territoires de conscience que je ne connaissais pas jusqu’alors. J’en ai gardé un fond de sérénité qui m’accompagne depuis dans les moments difficiles. »

A propos de la « conscience »

Le terme « conscience » fait partie de notre langage courant, au point que nous l’utilisons souvent sans vraiment savoir ce qu’il cache.

Pour Le Petit Robert, ce mot désigne à la fois « la faculté qu’a l’homme de connaître sa propre réalité et de la juger » et « cette connaissance elle-même ».

Première remarque : vue sous cet angle, la conscience appartient à l’homme.

C’est grâce à cette « faculté de connaître » qu’il peut se projeter dans son futur, adapter son comportement et sa manière de penser à une situation donnée, évoluer, créer…

Bref : faire changer à la fois son monde intérieur et l’univers dans lequel il vit. La conscience serait donc un outil permettant d’explorer à la fois ses propres ressources et le milieu dans lequel on vit.

D’autres ont essayé de considérer la conscience de manière plus globale. Les philosophes, par exemple, se penchent sur le sujet depuis des siècles.

Les penseurs de l’Antiquité, comme Platon, Épicure ou Marc Aurèle, tentaient déjà de la cerner et de la comprendre.

Puis les grands philosophes européens, de Nietzsche à Kant, en passant par Spinoza, Descartes ou Bergson, s’y sont consacrés sans davantage de réussite.

Plus tard, ce sont les tenants des théories psychologiques et psychanalytiques qui s’y sont collés, sans plus de succès : la conscience décrite par Freud n’est pas la même que celle concoctée par Jung, et celle de Stanislav Grof est encore différente.

De l’autre côté du globe, les recherches sur la conscience ont pris des chemins différents, associant la pratique à la doctrine, là où la pensée occidentale reste volontiers théorique.

Les enseignements de Bouddha, Confucius ou Lao Tseu ont profondément imprimé la culture asiatique. Ces êtres d’exception proposent une vision de la conscience plus vaste, élargie…

Cela n’a pas empêché toutes ces tentatives de se heurter à des limites, comme si la conscience était quelque chose de trop vaste pour être enfermée dans une unique définition.

Les 2 consciences

Abordons à présent la Soi-conscience. Ce concept a été mis au point par Arouna Lipschitz, une philosophe de la relation qui tient à faire la différence entre « conscience de moi » et « conscience de soi ».

Lorsque nous parlons couramment de « conscience de soi », nous faisons référence à notre corps et à notre mental, cette combinaison qui nous donne la sensation d’exister.

C’est donc cette conscience de « moi » qui nous permet de nous rendre compte de ce que nous faisons, de l’endroit où nous nous trouvons… La véritable conscience de « soi » est très différente.

« Lorsqu’on a une approche spirituelle de la conscience, on s’aperçoit que l’on a deux natures : le “moi” et le “soi”. Le “moi” existentiel représente notre souveraineté d’être.

Le “soi” désigne cette part de nous-mêmes indivisible, éternelle. Le “soi” ne devient pas, il est. L’idée est donc de parvenir à réveiller le “soi” en “moi” ! ».

La philosophe parle de « Soi-conscience » pour désigner ce processus d’individuation qui permet de devenir témoin de soi-même.

Nous sommes des êtres éparpillés, morcelés, assaillis de perceptions incessantes, bombardés d’informations, pensant à une chose puis à une autre, ressentant ceci et cela en même temps…

Nous sommes pétris de contradictions. « Nous sommes ainsi parce que nous sommes incarnés, poursuit-elle. C’est la qu’intervient le “soi”, cette part de nous capable de regarder l’être éparpillé que nous sommes.

Cette Soi-conscience est un tout, indivisible. C’est elle qui conduit à l’éveil. »

La notion « d’éveil »

De quel éveil parle-t-on ? Partons du commencement. Chaque matin, après une nuit de sommeil, on se réveille. On met quelques instants à renouer avec sa conscience corporelle.

On s’éveille au fait qu’on ne dort plus. « Nous vivons donc un tout petit éveil de conscience tous les matins ». Une question se pose alors : comment élargir cet éveil ?

On pense immédiatement à l’éveil de Siddhartha Gautama, un jeune homme qui vécut au Vie siècle avant notre ère. Ce prince, élevé à l’écart dans un palais, a découvert la misère et la souffrance lorsqu’il est sorti de sa bulle dorée.

Cette prise de conscience brutale l’a conduit à choisir la voie du dénuement. Devenu un pèlerin pauvre, il a visité le pays et s’est arrêté dans une petite ville où il a entrepris de méditer sous un pipal (arbre) jusqu’à trouver l’éveil, c’est-à-dire l’expansion de la conscience qui a fait de lui le Bouddha, un être révélé.

« Le but de l’éveil, c’est de devenir sa propre conscience et de ne faire qu’un avec elle », remarque Arouna Lipschitz. Cet éveil « magistral » n’est pas à la portée de nos pratiques quotidiennes.

Mais nous pouvons tout de même essayer de donner plus de place à notre Soiconscience. Il faut parcourir un long chemin pour y parvenir. « C’est un chemin d’observation », précise-t-elle.

Le chemin de l’éveil

Il commence par l’observation du « moi », puis on observe celui qui observe ce « moi », puis celui qui observe celui qui observe. Et ainsi de suite jusqu’à ce que l’on parvienne à rencontrer un espace de silence en soi.

« On entre alors dans un état qui ressemble à un éveil de la conscience. Mais pour devenir un, il faut d’abord savoir que l’on est deux : celui qui est et celui qui observe.

Tant que l’on ne perçoit pas ces deux dimensions, on reste au niveau du moi. » remarque encore Arouna Lipschitz. Ce travail est plus initiatique que psychologique.

Plus on travaille ainsi sa Soi-conscience, plus on avance vers une dimension spirituelle. C’est la « route du moi vers Soi ».

On comprend que l’on n’est pas réductible à ses émotions, à ses actes, à ses croyances, à ses souffrances…

Et l’on avance progressivement vers cette dimension plus spirituelle de soi-même qui permet d’accéder à des niveaux de conscience supérieurs.

L’impact de cet éveil progressif se fait sentir dans la vie quotidienne : « On se sent plus joyeux, plus léger, précise-t-elle. C’est l’effet du “soi” sur le “moi”.

On peut alors passer du “je” au “jeu”.

Lorsqu’on s’aperçoit que le “moi” n’est qu’une illusion, une représentation, la vie devient plus ludique, sans pour autant perdre de son sérieux. ».

Ce chemin de la Soi-conscience n’a pas de fin, parce que nous ne savons jamais à quoi nous sommes éveillés et à quoi nous dormons encore.

Nous devinons après coup que nous avons passé une étape, mais nous ne savons jamais combien il nous en reste encore à traverser.

« Chaque fois que la Soiconscience se regarde être, précise-t-elle, le moi passager se dissout instantanément. C’est ainsi que nous nous réinventons à chaque étape.

C’est ça, le chemin de la Soi-conscience. » On voit ainsi se dessiner un paysage au coeur duquel la conscience pourrait s’élargir, s’expanser, se développer…

Cela nous conduit vers des contrées où le merveilleux et l’iconoclaste rejoignent le réel et le quotidien.

Les trains d’ondes cérébrales

Un jour de juillet 1989, je me dirigeais vers des bâtiments qui se situent dans les collines boisées des Blue Ridge Mountains, près de Charlottesville, en Virginie.

Je ne le savais pas encore, mais je me préparais à vivre une nouvelle étape dans mes recherches et dans mon évolution personnelle.

Je ne me contentais plus de ce que j’avais exploré jusque-là.

Je souhaitais comprendre les modifications cérébrales qui se produisent dans mon cerveau lorsque je perçois des informations « à distance », lorsque je « lis » dans les corps d’énergie, lorsque je peux décrire le passé d’une personne…

Je suis accueilli par une jeune femme qui me conduit aussitôt vers une petite pièce rectangulaire dans laquelle trône le Booth, une sorte de caisson d’isolation sensorielle.

Je m’allonge sur un lit à eau, la tête orientée vers le nord magnétique.

On me met un casque portant douze électrodes relié à un système de cartographie topographique du cerveau (le NRS 24), on me pose plusieurs sondes cardiaques et thermométriques, ainsi que d’autres détecteurs.

Le tout est relié à une batterie d’appareils qui vont mesurer les modifications du fonctionnement de mon organisme, principalement de mon cerveau, au cours de l’expérience.

La lumière s’éteint. Je flotte… J’ai l’étrange impression d’être à trois cents kilomètres au-dessus de la stratosphère, bardé d’équipements et enfermé dans une capsule comme un cosmonaute.

Je me soumets à différentes expériences tout en restant dans ce caisson. À chaque fois, mon activité cérébrale thêta et alpha est éclipsée par une activité delta de haute amplitude, et même une activité gamma intense.

Cela mérite quelques explications. Notre cerveau génère en permanence une activité bio-électromagnétique. Il dégage des ondes mesurables via des instruments comme l’électroencéphalographe.

À l’état d’éveil, nous produisons des ondes bêta, comprises entre 12 et 30 Hz. Lorsque nous rêvassons, que nous nous détendons ou que nous sommes absorbés par un film, ces ondes ralentissent et passent en mode alpha.

C’est aussi ce qui se passe lorsque nous sommes en phase d’endormissement. Ces ondes alpha sont comprises entre 8 et 12 Hz.

Lorsque nous plongeons dans le sommeil, mais aussi en état de méditation profonde, le train d’ondes cérébrales ralentit encore pour passer entre 4,5 et 8 Hz. On parle d’ondes thêta.

Continuons notre descente vers l’inconscience : en dessous de 4 Hz, on parle d’ondes delta. Elles se manifestent au cours du sommeil profond, lorsque la conscience habituelle de l’état de veille est complètement hors circuit.

Suite de l’expérience…

Au cours des différentes expériences que j’ai vécues dans ce caisson d’isolation sensorielle, les trains d’ondes générées par mon cerveau ont suivi leur cours normal : bêta, puis alpha, thêta, delta…

Mais dans les expériences de contact, un autre train d’ondes est apparu : mon cerveau dégageait une activité gamma intense. Ce type d’ondes cérébrales (qui se situent entre 25 et 60 Hz) est encore mal connu.

Nous savons juste que leur apparition est peu commune, et qu’elles entraînent une activité très intense du lobe frontal.

Une chose est sûre : dans ces états de conscience modifiée, l’activité de mon cerveau n’avait plus grand-chose à voir avec ce qu’il produit à l’état de veille.

La régularité du tracé montrait une synchronisation électrique entre les deux lobes temporaux.

L’apparition d’un « portail gamma » (une sorte de tache jaune sur le tracé) révélait une activité cérébrale extrêmement élevée (58 à 60 Hz), propice aux états visionnaires.

Il semble que ces ondes gamma, que l’on rencontre parfois dans les moments de création intense, signalent la possibilité de développer des facultés encore inconnues aujourd’hui.

Elles pourraient représenter la prochaine étape de l’évolution neuronale humaine.

Elles nous montrent aussi que l’être humain n’est pas enfermé dans les limites couramment admises, et que l’Univers autour de nous n’est qu’un aspect de la réalité.

Ces ondes gamma pourraient nous permettre de lever le voile sur la manière dont le cerveau traite les informations. Toutes les informations !

Science et conscience

La recherche dans ce domaine, bien que proposant des évolutions passionnantes, reste encore balbutiante.

Cependant, une équipe de chercheurs norvégiens et néerlandais a découvert l’existence d’un mécanisme grâce auquel le cerveau opère la distinction entre des informations de nature différente.

Ils ont notamment découvert que les ondes gamma fonctionneraient sur différentes fréquences selon le type d’informations qu’elles véhiculent.

Dans les années 1970-80, un grand nombre de personnes a célébré l’avènement de l’ère du Verseau, espérant de grands accomplissements humanistes dans le domaine de l’écologie, des énergies renouvelables, des médecines et thérapies alternatives…

Jusqu’à ce que des crises inattendues secouent gravement les sociétés occidentales : attentats terroristes à grande échelle, crise financière, crise sanitaire.

L’espoir s’est alors rétréci de voir le monde changer « en douceur », passant d’une pensée linéaire et cohérente à une pensée plus globale et ouverte.

Aujourd’hui, la pensée cartésienne, logique, rationnelle… reste très répandue dans la population, que ce soit au niveau individuel ou collectif.

Une vision plus élargie permettrait peut-être de trouver des solutions inédites aux problèmes de notre société. Ce règne de la pensée cartésienne pourrait aussi se nommer « âge de la fragmentation ».

Le problème vient du fait que ce mode de pensée n’est pas en cohérence avec la manière dont fonctionne l’Univers au niveau quantique (subatomique).

C’est ce qui engendre un grand nombre de dysfonctionnements sociaux et individuels.

Le passage de la pensée linéaire à une pensée plus élargie, telle qu’on la constate dans les expériences d’états non ordinaires de conscience, devrait être le prochain « grand saut » des temps à venir, entraînant une élévation du niveau de conscience global de l’humanité.

Les voyageurs de la conscience

L’expérience de la matière et celle de l’esprit constituent, ensemble, la trame de l’expérience humaine.

Mais ce sont des versants fondamentalement distincts. Ils diffèrent dans la façon dont ils apparaissent, mais aussi dans la manière dont chacun peut y accéder.

Nous y voilà : comment pouvons-nous, individuellement, apprendre à voyager dans ces « territoires de la conscience » qui nous échappent le plus souvent ?

Comment pouvons-nous expérimenter ces états sans attendre qu’une expérience jaillisse spontanément ? Pour l’heure, penchons-nous un peu sur ce que ces voyages ont révélé à ceux qui s’y sont risqués.

À travers les âges, on trouve trace de récits émanant de « voyageurs de la conscience ».

Tous sont revenus avec un message identique : la réalité que nous prenons pour certaine, celle que nous connaissons, ne correspond pas au monde réel.

Celui-ci n’est qu’une illusion, un mirage émanant d’une réalité plus complexe et plus vaste.

Pour ces aventuriers de l’âme, l’Homme s’est endormi dans un monde d’ombres, d’images projetées sur un écran crépusculaire qui n’existe pas réellement. Sa conception du temps est devenue linéaire, limitative.

Il le perçoit comme une succession de moments (passé, présent, futur) et non comme une forme d’unité.

Une hypnose collective

Depuis notre petite enfance, nous sommes soumis à un ensemble complexe de suggestions provenant de nos parents, de notre entourage, de notre environnement scolaire puis socioprofessionnel…

Ces suggestions ne nous ont pas appris comment est le monde, mais seulement comment nous devons le percevoir.

Chacun d’entre nous est « hypnotisé » depuis son enfance, de manière à percevoir le monde de la même manière que les autres individus appartenant à sa culture. Selon les régions du monde, cette vision est différente.

Chez nous, les lois scientifiques sont présentées comme inviolables, ce qui exclut tous les phénomènes inexplicables qui n’entrent pas dans les « cases ».

Ailleurs, dans les traditions chamaniques par exemple, ces violations du cadre scientifique sont juste considérées comme des irrégularités ou des paradoxes courants et acceptables.

Chez les anciens Hawaïens, par exemple, il était courant d’atteindre un état de conscience tel que les sujets pouvaient marcher pieds nus sur de la lave volcanique en fusion.

À l’inverse, dans notre société moderne occidentale, un grand scepticisme accueille généralement les récits concernant de tels phénomènes.

Aujourd’hui, dans de nombreux pays du globe, la majeure partie de la population mange à sa faim et dispose d’un toit. Le niveau de vie a évolué sur le plan du confort, mais cela ne rend pas les individus plus heureux.

Tout se passe comme si notre société occidentale organisait notre « prison intérieure » pour nous donner l’illusion d’y trouver une forme de bonheur.

Une scission s’est ainsi opérée entre les différents niveaux du moi, entraînant des difficultés à communiquer. La communion entre les êtres humains et leur environnement s’est dégradée.

Notre conscience collective a évacué progressivement l’héritage occidental. Les grands chamans européens ne sont plus visibles que sous les traits de personnages romanesques : Merlin, Gandalf, la fée Morgane…

La sagesse immémoriale de la planète a peu à peu sombré dans l’oubli. Heureusement, cette tendance est en train de s’inverser.

On a l’impression que la puissance et la pertinence de l’approche chamanique se tiennent sur le seuil de notre conscience, prêtes à s’exprimer à nouveau.

De plus en plus d’individus s’éveillent à leur mémoire collective, même s’ils sont encore trop peu nombreux.

Ce sont eux qui permettront aux autres, à ceux qui sont enfermés dans une image fausse (hypnotisés), de retrouver leurs racines perdues.

Cela ne concerne pas seulement les civilisations lointaines et exotiques. Ce phénomène se rencontre aussi dans nos campagnes où les cultures régionales, autrefois dénigrées et dévalorisées, sont à nouveau explorées.

En pratique :

Il arrive que des expériences d’expansion de conscience se déclenchent spontanément, en dehors de tout accompagnement et de tout cadre thérapeutique.

Dans un grand nombre de cas, cela concerne des sujets déjà habitués à une pratique du type méditation, sophrologie, yoga, training autogène, autohypnose…

Sans parler des techniques hybrides, associant des éléments extraits de plusieurs démarches différentes. Néanmoins, la pratique régulière d’une technique méditative ne garantit pas l’irruption dans votre vie d’une expérience spontanée.

Mais c’est un atout de plus que vous mettrez dans votre poche avant de partir en « voyage accompagné ».

Dans tous les cas, s’il vous arrivait une expérience spontanée comme celle vécue par Laure, relatée au début de cet article, essayez de vous laisser aller, de ne pas résister, de ne pas vous poser de question.

C’est difficile, bien sûr, mais c’est indispensable. Et surtout, évitez de mettre votre expérience en mots tout de suite.

Ne faites pas la même erreur que Laure. Attendez un moment pour en parler, d’abord à vos proches (ceux en qui vous avez le plus confiance). Et préparez-vous à ce que certains réagissent bizarrement.

N’y accordez pas trop d’importance. Ce que vous aurez vécu, vous l’aurez ressenti dans votre être intérieur et personne ne pourra vous l’enlever.

La cohérence neuro-cardiovasculaire

Pour changer de niveau de conscience, il existe un autre instrument très efficace : la cohérence neurocardiovasculaire. Le coeur n’est pas seulement une pompe qui, en se contractant, propulse le sang dans les artères.

Ce petit organe (en fait, c’est un muscle) possède, en plus, un réseau neuronal en tout point semblable à celui qui compose notre cerveau.

Notre coeur possède donc une activité électrique, mais aussi électromagnétique. Il possède même sa propre intelligence. La notion peut paraître étrange : notre coeur ne génère ni images, ni idées.

Mais il peut influencer la manière dont notre cerveau reçoit les informations venant de l’extérieur via nos organes sensoriels, et celles venant de l’intérieur via notre système nerveux.

Il exerce aussi un ascendant sur les réponses que le cerveau apporte à toutes ces données.

Notre coeur est capable d’intervenir dans notre architecture biologique (il améliore alors globalement notre fonctionnement corporel), mais aussi dans notre vie psycho-émotionnelle et dans l’expansion de notre conscience.

Il peut, si nous lui en donnons les moyens, nous aider à prendre des décisions justes, à résoudre nos problèmes, à introduire une dimension créatrice dans nos réactions quotidiennes, à rendre notre pensée plus fluide et efficace, à percevoir nos intuitions…

Et à voyager dans les états de conscience différents !

Le champ électromagnétique cardiaque « baigne » tout notre organisme, jusqu’à la moindre de nos cellules, y compris celles de notre système nerveux et de notre cerveau.

Les chercheurs du HeartMath Institute ont montré que l’activité intellectuelle et émotionnelle gagne en qualité et en intensité lorsque le coeur et le cerveau fonctionnent en harmonie.

Mieux : lorsque ce champ cardio-électromagnétique est en cohérence avec celui émis par le cerveau, tous les messages que l’on adresse au coeur sont parfaitement reçus : messages de paix, d’efficacité, d’intuition…

Et aussi, messages d’expansion de conscience. Le cerveau obéit alors aux injonctions émises par le coeur et n’hésite pas pour cela à aller au-delà de son « cadre » habituel.

Auteur : Patrick Drouot et Marie Borel

Pour en savoir plus : Les 1000 visages de la conscience – Patrick Drouot, Marie Borel – Ed. Guy Trédaniel

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