« Ca me tire entre les omoplates ; je suis bloquée à l’estomac ; j’ai une douleur dans les reins ; j’ai de l’arthrose dans le cou ; je ne dors pas ; ça me gratte, j’ai des palpitations…. »
Tous les médecins de famille sont confrontés aux multiples plaintes de leurs patients, qui en demandent le soulagement, et, éventuellement, un décodage médical : est ce une vraie maladie ? Est ce grave ? Est ce que c’est dans la tête ?
Au fil des années d’expérience, nous ne pouvons que faire le lien entre les troubles manifestés par nos patients et les contraintes matérielles et psychologiques de leur environnement. Ou plus exactement, la façon dont ils les vivent.

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Le thérapeute écoute le patient pour cerner son problème

Le temps de consultation peut être l’occasion d’une prise de conscience de ce lien, simplement par les quelques questions que nous posons : est ce qu’il y a autre chose ? Et dans l’ensemble, comment ça va ? Avez vous des contrariétés ?… En proposant ce lien comme une hypothèse, et non en assénant notre vérité.


L’hypothèse chemine ou non ; rapidement ou non , s’incruste dans la plainte et la passivité ou conduit à une recherche de changement.


L’écoute bienveillante a des vertus thérapeutiques, en permettant à la personne de donner une forme au problème, et de le sortir d’elle même par la parole , elle même accueillie. Elle est thérapeutique en reconnaissant la souffrance de l’autre comme une vraie souffrance : « c’est idiot, mais c’est depuis que mon chat est mort ».

Quand le « Qu’est ce que je peux faire, Docteur ? » remplace le « Qu’est ce que vous allez me donner ? », alors le médecin sait que quelque chose s’est mis en branle , qu’il ne possède pas la solution, bien sûr, mais qu’il peut faire des propositions, donner des conseils en fonction de ce qu’il aura compris de la situation de la personne, en fonction de son propre cheminement personnel (car comment aider les autres si l’on n’a pas soi même commencé à se connaître un peu ?) et également de ses connaissances sur le support neurobiologique de la maladie.

Nos perceptions sensorielles créent nos émotions, qui elle-même agissent sur notre corps et façonnent notre réalité

Nous percevons notre environnement par le biais des organes des sens (une parole entendue , une personne vue, une contraction musculaire ,perçue ou non…). Ces perceptions sensorielles, après relais au niveau du thalamus, appartenant au cerveau archaïque, se projettent au niveau de notre cerveau émotionnel, le système limbique.

Fonctionnant de manière analogique, celui-ci compare la situation aux situations analogues antérieurement vécues (dès l’enfance) et envoie l’émotion qui y a été associée, sous forme électrique, au niveau cortical, sous forme de pensées et au niveau de l’hypothalamus.

Lui même répercute les émotions sur l’ensemble des systèmes du corps (musculaire, digestif, circulatoire, hormonal, immunitaire…) par le biais de modifications biochimiques qui agissent notamment par les système ortho et parasympathique. Par exemple, le chef m’a demandé de changer de bureau pour pouvoir le donner au nouvel employé. Comparaison (inconsciente) avec ma mère donnant ma chambre au petit frère. Et depuis j’ai de la cystite, ou je suis constipée….


Ceci est valable pour les événements soudains, comme pour les situations chroniques, fixées par une vision erronée de la réalité : « de toutes façons, on m’en veut »; « une mère doit s’angoisser pour ses enfants »…)
Ce sont là des notions connues grâce aux travaux en psycho neuro-immunologie.

La prise de conscience et l’action, deux éléments clés du processus de guérison

Alors, les anxiolytiques, neuroleptiques, antidépresseurs et autres psychotropes sont ils la réponse à ces déséquilibre ? Nous savons qu’il n’en est rien. C’est par une prise de conscience, puis une participation active au processus de guérison, que passe la libération des maux du corps.

Les techniques psychocorporelles sont une approche possible de ces déséquilibres. En effet, elles permettent en quelque sorte de remonter le courant, depuis les muscles et leurs tensions, jusqu’au cerveau émotionnel et participer à la libération des tensions, blocages et ruminations diverses, qu’elles soient conscientes ou non.

Euphonie Gestuelle, une méthode qui intègre le mouvement pour guérir l’esprit et le corps

Parmi elles, l’Euphonie Gestuelle est une méthode qui intègre à la fois des techniques orientales comme le Yoga, le Zen, le Tai Chi Chuan et d’autres originaires d’occident comme la relaxation, le stretching… On y pratique également des exercices plus dynamiques ressemblant à des danses.

Tous les exercices se pratiquent sur des musiques spécialement réalisées à cet effet. Euphonie Gestuelle signifie, étymologiquement : harmonie du geste et du son. La méthode ne constitue pas un syncrétisme superficiel de pratiques variées mais est issue de la source même : la Science des Mouvements, qui remonte à des milliers d’années.


Se succèdent ainsi des mouvements très lents et d’autres plus dynamiques ; des postures en équilibre et des exercices de coordination, des gestes asymétriques et des temps de relaxation


L’élément caractéristique est la présence au corps, la présence aux divers stimuli sensoriels : visuels, musicaux, proprioceptifs…. associée à la présence aux émotions qui peuvent remonter.

L’idée de base est qu’il existe un lien très étroit entre le corps, les émotions et les pensées. Ou, en termes d’anatomie, entre le cerveau archaïque, le cerveau limbique et le cortex cérébral. Cela s’explique par les interconnexions entre les aires motrices , sensorielles, sensitives, associatives , le système limbique et les centres de commande neurovégétative. Une action harmonieuse sur l’un entraîne des effets du même type sur les autres.


Par leur action directe sur le système musculaire, les mouvements euphoniques éliminent les tensions superflues et redonnent le tonus nécessaire.


Par la détente qu’ils procurent, ils permettent une libération d’endorphines, agissant comme un anxiolytique biologique et favorisent le sommeil.


La personne peut ainsi trouver en elle même les ressources physiques, émotionnelles et mentales pour adopter, face à ses maux, une attitude active et créatrice.


En aucun cas, la méthode ne se substitue à une prise en charge médicale ou psychothérapique.


Elle est proposée dans le cadre d’associations loi de 1901 .


Les séances durent une heure, en général à un rythme hebdomadaire. Les effets peuvent être renforcés par une pratique quotidienne chez soi.

Dr Roseline Peired
Medecin Generaliste. Antony (92)

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