Le mois dernier, je vous expliquais comment le cerveau peut effacer une mémoire de peur responsable d’une perturbation émotionnelle, si on laisse les tensions qu’elle occasionne se déployer dans le corps. Or cette technique peut aussi venir à bout des culpabilités et des images négatives de soi, grandes pourvoyeuses de stress relationnel. Et pour les repérer, les neurones miroirs sont d’une grande aide. Mode d’emploi.

Alors que je faisais route entre chien et loup pour interviewer Bernard Sensfelder, le psychologue fondateur de l’eïnothérapie, j’ai vu – un peu tard – un autostoppeur sur la route. Renonçant à m’arrêter, j’ai continué ma route.

D’habitude, je me fais un devoir de prendre les autostoppeurs. Là, j’avais failli. Aussi je fus poursuivi par un sentiment trouble jusqu’au moment de mon rendez-vous. Cela tombait bien, Bernard Sensfelder venait de publier son premier ouvrage :

Vaincre peurs et culpabilités par l’hypnose. Je lui exposai mon problème.

– Que pensez-vous de vous-même dans ce moment-là ?

– Que je suis égoïste.

– Vous êtes donc porteur d’un interdit d’être égoïste. Vous êtes altruiste par peur d’être égoïste.

– Que dois-je faire pour me libérer ?

– Laisser votre corps s’installer confortablement dans « Je suis égoïste »…

Ce que l’autre fait, votre cerveau le fait aussi !

J’ai fait comme Bernard Sensfelder disait. Depuis, je prends toujours des autostoppeurs mais mon humeur reste égale si je ne m’arrête pas… Cette expérience m’a donné un premier aperçu de l’importance des culpabilités dans nos comportements et de notre malêtre.

Du coup, j’ai décidé de m’inscrire à un stage de Bernard Sensfelder. C’est à cette occasion que j’ai découvert le rôle des neurones miroirs dans la manifestation de nos culpabilités.

En voici en substance le mécanisme, tel que l’expose volontiers le disciple de François Roustang :

« Vous avez un rendez-vous professionnel avec quelqu’un que vous ne connaissez pas encore.

Le moment venu, vous voilà installés presque face-à-face dans les fauteuils d’un café. La conversation s’engage. Rapidement, votre interlocuteur ne vous fait pas très bonne impression.

Vous le trouvez avachi. Ce signe de négligence ne dit rien de bon… Maintenant, voyons ce qui a pu se passer dans votre cerveau. La théorie des neurones miroirs postule que lorsque quelqu’un produit un geste devant vous, vos propres aires motrices cérébrales responsables de ce geste s’activent comme si vous faisiez également le geste. Autrement dit, ce que l’autre fait, votre cerveau le fait aussi ! Jusque-là, c’est clair ? »

 

– Très clair

– Donc si l’autre se tient avachi, votre cerveau active les aires motrices de l’avachissement.

Et vous, vous croyez que vous êtes avachi.

– Là, on dépasse la théorie scientifique ! Il s’agit non seulement d’un geste mais d’une attitude au sens moral…

– Tout à fait, je fais l’hypothèse que, via les neurones miroirs, nos cerveaux reproduisent non seulement les gestes mais aussi les expressions faciales, le langage, les intonations, etc. Tout ce que nous percevons en fait. Je fais l’hypothèse que notre cerveau mimétise à 100 %. Donc dans le cas qui nous occupe, vous êtes probablement porteur d’un interdit d’être avachi. Quand vous vous avachissez, votre cerveau vous rappelle que ce n’est pas bien et vous vous redressez pour retrouver votre confort.

Si vous voyez une personne se tenir avachie, votre cerveau le fait. Donc vous croyez que vous le faites et vous ne vous sentez pas bien.

Conséquence, vous jugez le comportement de l’autre incorrect et vous ne l’appréciez pas.

– Ce n’est pas un peu caricatural tout ça ?

– Peut-être, mais c’est un excellent moyen de repérer les interdits, auto-jugements et autres culpabilités dont vous êtes porteur et de les désactiver.

– Et de devenir avachi ?

– D’être libre de vous tenir de la manière appropriée à la situation…

Laissez votre corps s’installer confortablement dans : « je suis avachi »

– Comment s’y prendre ?

– Après une induction hypnotique légère, vous laissez votre corps s’installer confortablement dans : « je suis avachi ». Si vous êtes porteur de l’interdit d’être avachi, vous allez ressentir des tensions dans le corps. C’est désagréable mais si vous les laissez se déployer, elles vont s’apaiser d’elles-mêmes. Vous recommencez une ou deux fois, jusqu’à apaisement total des tensions. Vous pouvez faire cela pour tous les qualificatifs « pas sympa » que vous attribuez aux autres : « Je suis méprisant, hypocrite, mal élevé, méchant, etc. »

– Et ensuite, je ne risque pas d’être méchant ?

– Vous ne serez simplement pas gentil juste par peur d’être méchant. Vous serez gentil si c’est approprié à la situation. Avec la liberté d’être méchant si c’est nécessaire.

Les sages l’ont affirmé depuis la nuit des temps : lorsque nous jugeons autrui, c’est nous-même que nous jugeons. Or cette idée philosophique semble avoir une vraie portée thérapeutique : un homme est perturbé depuis plusieurs jours par un SMS désagréable qu’il a reçu d’une relation. « Elle joue les victimes, elle est manipulatrice… ». Il lui faut pas moins de cinq phrases pour qualifier l’attitude de son interlocutrice. Pour se libérer de son mal-être vis-à-vis de cette situation, il entre en état d’hypnose légère selon les indications données dans le Naturo-Pratique de novembre. Pour commencer, il revit en souvenir le moment où il a reçu le message. Des tensions montent, se déploient… Puis s’apaisent.

Ensuite, toujours en état de relaxation, il s’attribue un à un les qualificatifs qu’il adressait à son interlocuteur : « Je joue les victimes… Je suis manipulateur, etc. » À chaque phrase, des tensions corporelles se manifestent qu’il laisse se déployer inconditionnellement. Systématiquement, après un temps allant de quelques secondes à quelques dizaines de secondes, un point de rupture se manifeste et les tensions s’apaisent. Au bout d’un moment le monsieur a épuisé tous les auto-jugements révélés par cette situation et se sent bien…

Coach en cohérence cardiaque, écrivain et journaliste, Emmanuel Duquoc est passionné par les liens entre alimentation, émotions et santé. Il est l’auteur, outre de nombreux guides culinaires, des livres « Les 3 émotions qui guérissent » et « 52 semaines pour vivre bien sans médecin » (Éditions Thierry Souccar).

Emmanuel Duquoc

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