Notre conscience, c’est une banalité de le dire, est l’essence même de notre être. C’est elle qui nous permet de savoir que nous existons. Mais, réalité insaisissable, elle demeure réfractaire aux approches conventionnelles, qui nous permettent de cerner ce qui se palpe, se mesure et se pèse.

Aussi, la conscience dérange les scientifiques. Comment peuvent-ils l’enfermer dans un discours qui vise à l’objectivité? Telle est la difficile question, voire l’impossible défi.

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Auteur : Emmanuel RANSFORD

randsf123[at]yahoo.com (remplacer [at] par @)

Retrouvez notre interview avec Emmanuel Ransford sur la chaîne Penser quantique.

La science rime-t-elle avec conscience ?

Notre conscience, c’est une banalité de le dire, est l’essence même de notre être. C’est elle qui nous permet de savoir que nous existons.

Mais, réalité insaisissable, elle demeure réfractaire aux approches conventionnelles, qui nous permettent de cerner ce qui se palpe, se mesure et se pèse.

Aussi, la conscience dérange les scientifiques. Comment peuvent-ils l’enfermer dans un discours qui vise à l’objectivité ? Telle est la difficile question, voire l’impossible défi.

La science sonde d’abord la conscience au travers du cerveau, qui est la « machine à conscience » dont nous disposons. Cela permet de d’apprendre beaucoup de choses.

Par exemple, grâce à lui nous savons aujourd’hui quels mécanismes cérébraux sont corrélés à notre expérience subjective des couleurs.

Mais nos sensations de couleur, la science ne sait pas vraiment les définir. C’est l’occasion de rappeler que décrire n’est pas expliquer.

Décrire ce qui se passe dans le cerveau conscient qui « voit » une pomme verte, par exemple, ne conduit pas à une explication de cette expérience subjective. Cela établit des corrélations, sans en donner la clef.

Prenons un autre exemple, celui de la douleur. La douleur, c’est ce qui fait mal, certes. Mais objectivement, qu’est-elle ?

Difficile à dire. Or, elle est hautement révélatrice. Si la nature a créé des sensations désagréables voire insupportables, n’est-ce pas pour adresser à la conscience des demandes plus ou moins pressantes d’action ?

Par la douleur, dame Nature ne s’est-elle pas donné un moyen puissant de parler directement à la capacité d’initiative du mental ?

Nous en avons une preuve, d’ailleurs. En effet, certains enfants, par une déficience génétique heureusement rarissime, sont insensibles à la douleur. Quelle chance, pourrions-nous croire. Ne pas connaître la douleur, quel avantage immense !

La vérité est que cet « avantage » est catastrophique. Ces enfants doivent être protégés, car ils s’infligent de graves blessures.

Si l’esprit était ce simple témoin passif, cet « épiphénomène » que certains voient en lui, pourquoi la sélection naturelle aurait-elle produit nos aptitudes à la douleur et au plaisir ?

Ces sensations contrastées ne montrent-elles pas le rôle causal de la conscience ? Plus précisément, il s’agirait d’un rôle endo-causal.

L’endo-causalité, nous le verrons, est une ‘liberté active et agissante’ (qui peut être influençable). Elle s’oppose à la causalité usuelle, qui est de l’exo-causalité. Cette dernière fonde le déterminisme.

La matière, plus riche qu’elle-même…

La matière, que nous pensons connaître tant elle nous est familière, pourrait être plus qu’il n’y paraît. Car dans tout grain de matière, gît peut-être une goutte de ‘proto-conscience’, qui serait une forme rudimentaire et cachée de psychisme.

Cette ‘proto-conscience’ existerait à son niveau le plus élémentaire. Rien en s’y oppose en effet – hormis peut-être nos idées reçues ?

Je crois qu’il est possible, sur une telle idée, de construire une explication plausible, et potentiellement testable, du cerveau conscient.

Pour voir cela, je supposerai ici que cette goutte de proto-conscience existe. Je l’appellerai pour simplifier le ‘psi’ (‘psi’ comme psychique).

Elle s’ajoute à la dimension physique (désignée encore par ‘phi’) de la matière – qui devient elle-même la psychomatière, substance bi-dimensionnelle regroupant les deux dimensions ‘phi’ et ‘psi’.

Cela soulève de nombreuses interrogations, dont les suivantes :

1. Qu’est-ce qui distingue le ‘psi’ du ‘phi’ ?

2. S’il est omniprésent dans la psychomatière, pourquoi le ‘psi’ n’a-t-il pas été trouvé ?

3. Comment se fait-il que le ‘psi’ puisse se manifester dans le cerveau biologique ?

4. D’où vient l’unité du moi conscient, s’il est formé de gouttes de proto-conscience innombrables et disparates ?

5. Qu’est-ce que la psychomatière nous révèle sur nous-mêmes et sur nos potentialités ?

Voici un résumé des réponses que je propose :

1. Le ‘psi’ est partiellement indéterministe, alors que le ‘phi’ est déterministe.

2. Le ‘psi’ est indétectable car il est presque toujours léthargique.

Sa léthargie l’endort dans un état inerte et non-conscient. Mais sous certaines conditions – qui seraient réalisées à grande échelle dans le cerveau – il devient actif.

C’est alors que naît une infime lueur d’esprit.

3. Le ‘psi’ actif interagit avec le ‘phi’. Il se manifeste alors dans la matière.

4. Des myriades de petites lueurs d’esprit peuvent ensemble former nos esprits unifiés. Ceci est possible parce qu’elles parviennent, sous certaines conditions, à se souder les unes aux autres.

5. La psychomatière fait de nous des êtres libres et responsables. Elle montre que nous sommes tous reliés par des fils invisibles. Ceci rejoint de nombreuses traditions spirituelles.

Ces divers points sont repris ci-après. Notons dès à présent que, si notre univers est fait de psychomatière, il est plus riche qu’un univers strictement matériel. Des phénomènes nouveaux, inconcevables avec la matière, y voient le jour.

N’ayant pas reçu de nom, je les désignerai par quelques inévitables néologismes. Nous connaissons déjà le premier d’entre eux : c’est celui de psychomatière.

Le cerveau est-il une lampe à conscience ?

Partons d’un constat banal, mais extraordinaire: il y a une « machine biologique », le cerveau, qui réussit quotidiennement un double tour de force : il sert de support à une entité psychique consciente (qui est l’esprit humain); et il fait dialoguer cette entité avec le corps matériel.

C’est à peine croyable !

Je crois profondément que l’explication de ces prouesses nous est accessible… à condition de nous affranchir des œillères matérialistes dont nous sommes prisonniers.

La possibilité du cerveau conscient découlerait de la manière dont l’univers – non purement matériel – est agencé.

Comment aborder l’énigme du cerveau conscient, dans cette optique ? Mon hypothèse est que le cerveau produit la conscience.

Plus précisément, je suppose qu’il produit de la conscience comme une lampe produit de la lumière. Tout simplement !

Le cerveau et ses processus internes ne seraient pas la conscience ; pas plus que la lampe et son filament ne sont la lumière. Il n’y a pas identité, mais un processus de production.

Qu’est-ce qu’une lampe ? C’est une structure pesante capable de produire une substance sans masse, la lumière émise. Comment y parvient-elle ? On pourrait tout d’abord penser que son filament lumineux est fait d’un matériau très spécial.

Mais il n’en est rien. La matière du cerveau, à l’instar de celle du filament lumineux, n’a rien d’extraordinaire non plus. On y retrouve les mêmes atomes que dans la matière usuelle.

Où est donc le secret ? Il émane – selon l’hypothèse que je propose – d’une idée familière en chimie, qui est celle de catalyse.

La lampe produit de la lumière parce qu’elle catalyse une propriété universelle de la matière, qui est sa capacité à émettre de nombreux photons.

Cette propriété n’est généralement pas observée, car elle reste latente. Elle n’est qu’une potentialité, rarement réalisée.

Pour passer de la potentialité à la réalisation effective, il faut un concours de circonstances très particulier, donc très improbable. Cela rend nécessaire une structure complexe telle que la lampe, pour créer les conditions catalytiques de l’émission lumineuse.

Si nous changeons les mots « lampe » en « cerveau » et « lumière » en « conscience », nous obtenons que le cerveau produit de la conscience parce qu’il catalyse une propriété universelle mais généralement latente de la matière, qui est sa capacité à émettre de la conscience.

Le cerveau, catalyseur de conscience: tel est l’axe de réflexion que je propose. Il implique que la conscience est produite par des processus cérébraux sans pour autant leur être réductible ou identifiable.

Tout repose sur cette hypothèse que la « matière » possède, de façon universelle mais généralement latente, la capacité d’émettre de la conscience. En bref : qu’elle est la psychomatière.

Pour les Hindous, la matière sous toutes ses formes était déjà porteuse d’une sorte de conscience.

Quant à Teilhard de Chardin, il écrivait : « Nous sommes logiquement amenés à conjecturer dans tout composant de matière l’existence rudimentaire (…) de quelque psychè. »

Causalité ouverte, causalité fermée

J’ai affirmé que le ‘psi’ est (partiellement) indéterministe alors que le ‘phi’ est déterministe. Cela renvoie à deux types de causalité, qui sont l’endo-causalité et l’exo-causalité respectivement. Cela signifie que deux formes fondamentales de la causalité coexistent dans la nature.

Notre monde comporterait à la fois de l’exo-causalité – qui, imposée de l’extérieur, rend l’être déterministe – et de l’endo-causalité – qui émane de l’être lui-même et le rend auto-déterminé.

L’exo-causalité est une fermeture : elle définit un monde contraint, où tout est défini par avance. Un être exo-causal n’a pas la possibilité de modifier les lois qui façonnent sa destinée. Elles sont pour lui comme une fatalité stricte.

L’expression, dans la réalité concrète, de cette exo-causalité est le déterminisme, qui est bien une contrainte exogène, imposée de l’extérieur. Cette contrainte, l’être n’a pas d’autre possibilité que de la subir. Il ne la choisit ni ne la crée.

En clair, un être exo-causal est un être déterministe. Dire que le ‘phi’ est exo-causal, c’est donc affirmer qu’il est régi par une loi causale extérieure à lui. Cette loi est figée, il ne peut l’infléchir. Elle fait de lui une dimension déterministe du réel.

L’endo-causalité, au contraire, prend racine dans l’être lui-même. Elle est endogène (d’où son nom). Elle émane de l’intérieur de l’être, et correspond à capacité qu’a l’être de s’inventer des présents et des futurs qui ne sont pas pré-déterminés. Elle est une liberté.

Cette liberté est une faculté de choix, un pouvoir décisionnel le plus souvent partiel car limité par divers conditionnements.

Elle caractérise tout être endo-causal, qui peut modeler ses propres lois de comportement. Il a son mot à dire sur sa propre destiné.

Au niveau élémentaire de la proto-conscience, cette liberté n’est pas encore du libre-arbitre. Elle ne le sera qu’au niveau des grands assemblages du ‘psi’.

L’endo-détermination qui découle de l’endo-causalité se traduit dans les faits par du non-déterminisme. Elle a le parfum du hasard vrai.

Ce hasard irréductible – dont elle est alors le contenu intrinsèque, mais invisible et inaccessible – n’est pas a-causal comme on le croit souvent.

L’endo-détermination nourrit une dynamique ouverte, novatrice. Elle façonne un univers où le futur reste toujours à inventer. Cet univers est créatif.

Notre univers – s’il est vraiment formé à partir de cette substance que j’ai baptisé la psychomatière (et parfois, l’holomatière), mi-exo-causale et mi-endo-causale – est de cette nature. Il nous permet d’être les co-créateurs de son devenir.

Dire que le ‘psi’ est endo-causal, c’est donc affirmer qu’il porte en lui la capacité de faire des choix et d’infléchir ses chemins d’évolution. Il n’est pas totalement déterministe.

Notons que les faits ne permettent pas d’approcher l’endo-causalité dans son intimité. Nous ne pourrons jamais la contempler que de l’extérieur, au travers de son masque de hasard pur.

En tant que contenu « infra-phénoménal », elle reste expérimentalement inaccessible.

L’exo-causalité ne serait en fait qu’une forme dérivée et figée d’endo-causalité, qui serait première.

En poursuivant la réflexion plus avant, l’on parviendrait à la conclusion que la conscience est première : elle précède la matière, elle est plus fondamentale qu’elle (voir Ransford 1997).

L’ininterprétabilité en physique: un retour du refoulé ?

La psychomatière est la matière que nous connaissons, mais avec en plus, présente au sein de tout grain de matière, une goutte infime d’une sorte de proto-conscience ou de proto-psychisme.

Cette goutte, je l’ai baptisée le ‘psi’. Il est invisible car généralement indécelable, du fait même de sa latence.

(On comprend pourquoi les physiciens ignorent le ‘psi’, et réduisent la psychomatière à sa dimension ‘phi’ ou physique, seule visible.).

Cependant ce ‘psi’, soumis aux conditions catalytiques qui lui sont propres (et que je nomme les conditions paralantes), peut quitter l’état latent et devenir actif – ce qui le rend momentanément décelable.

Grâce à cela, nous pouvons espérer découvrir sa trace, sa signature au sein de la (psycho) matière.

S’il existe, le dialogue ‘phi’-‘psi’ interne à la psychomatière est régi par des interactions non strictement matérielles mais qui impriment, par le pôle ‘phi’, leur trace dans le monde tangible.

Or la science actuelle, qui n’admet que la matière, empêche d’interpréter correctement ces traces. Si ces dernières ont été découvertes, alors elles ne peuvent que se révéler inintelligibles dans le cadre – inadéquat – du matérialisme.

Nous avons ainsi un premier indice : les diverses manifestations du ‘psi’ actif, au sein de la matière, doivent soulever d’insurmontables difficultés conceptuelles, voire des paradoxes apparents.

On nie leur existence, soit. Mais elles se vengent aussitôt, en rendant le monde de l’infiniment petit incompréhensible !

C’est là une sorte de retour du refoulé.

Tel est peut-être la situation actuellement. Elle paraît inévitable, aussi longtemps que nous nous obstinons à réduire la psychomatière à sa seule dimension matérielle.

C’est un peu comme si l’on s’obstinait à vouloir comprendre notre monde à trois dimensions en ne lui en reconnaissant que deux. Ce serait impossible.

Cela expliquerait pourquoi la physique quantique se débat en vain, depuis 1926 au moins, dans des problèmes d’interprétation apparemment insolubles.

Ainsi, les fameuses bizarreries du monde quantique n’ont peut-être pas d’autre cause que cette impossibilité radicale de comprendre la psychomatière quand on la réduit à la matière seule, c’est-à-dire à sa composante ‘phi’.

Elles seraient la conséquence directe de notre obstination à ignorer le ‘psi’.

***

Je me contenterai ici de suggérer quelques indices possibles pour identifier les interactions du dialogue ‘phi’-‘psi’. En raison de l’endo-causalité du ‘psi’, ces interactions sont à chercher là où, en microphysique, se manifeste un hasard irréductible.

Ce hasard est la manifestation attendue du ‘psi’ actif. Par ailleurs, la propriété d’assemblage du ‘psi’, si elle existe, ne doit pas dépendre des contraintes d’espace-temps, qui concernent le ‘phi’ exclusivement.

Ce genre de considérations me permet de repérer les endroits probables où le ‘psi’ se manifeste dans le monde de l’infiniment petit décrit par la physique quantique, c’est-à-dire dans la matière. (Ransford 1996, 2001)

Le cerveau et le réveil de l’esprit

Le cerveau est l’organe de la conscience parce qu’il parvient à sortir, de façon cohérente et harmonieuse, le ‘psi’ d’une partie de la psychomatière dont il est fait, de sa latence coutumière. Telle est ma thèse.

Le cerveau rend ce ‘psi’ actif, et agissant. Là est son grand secret.

De là proviennent notre état vigile et nos gestes volontaires. Quand cette production cérébrale de ‘psi’ actif s’amoindrit, nous dormons. Elle remonte légèrement quand nous rêvons, tout en restant insuffisante pour un retour à l’état vigile.

Quand elle s’arrête… nous sommes morts ou comateux ! Telle est la vision des choses que je propose.

Sur cette base, les processus neuronaux qui contribuent directement à la conscience sont ceux qui catalysent du ‘psi’.

Cette capacité serait liée à la présence, sur leurs parcours dans le cerveau, de microsites catalyseurs. Je les baptise les paralgènes ces micro-catalyseurs. Ils font passer le ‘psi’ de l’état latent à l’état actif, dans une partie de la psychomatière cérebrale, qui est présente localement sous forme d’atomes, d’ions ou de molécules.

Ces paralgènes, en bref, génèrent des conditions paralantes.

Nous voici confrontés à un nouveau défi : trouver ces paralgènes éventuels. Comment les identifier ? Ceci ne paraît pas facile. Le cerveau, c’est au moins 100 milliards de cellules nerveuses, qui communiquent entre elles par une multitude d’interfaces qu’on appelle les synapses.

Le tout fait un ensemble d’une complexité inextricable. D’ailleurs, le cerveau humain n’est-il pas ce que la nature a fait de plus complexe ?

Plusieurs indices concourent à conclure que ces paralgènes, s’ils existent, sont à chercher au niveau de certaines synapses.

Plus précisément, diverses considérations (Ransford 1995, 1998) m’incitent à penser qu’une partie au moins de ces paralgènes cérébraux se situerait dans les récepteurs post-synaptiques de type NMDA situés sur les arbres dendritiques des larges cellules pyramidales de la cinquième couche du néocortex (!).

Le moi déconfiné, plus vaste que l’espace, plus vaste que le temps

Pour conclure, j’évoquerai brièvement la portée de ce qui précède concernant l’être humain. Tout d’abord, il y a la question de l’individu et de sa pérennité.

Le lien d’interconnexion qui permet d’assembler le ‘psi’ a d’immenses conséquences sur les propriétés de notre conscience et sur ses pouvoirs cachés.

Ce lien inter-psychique, collectif par essence, n’est pas refermée sur l’individu. Au contraire, il l’ouvre et le connecte. Il lui donne des « ailes psychiques », dont souvent il n’a pas conscience.

Ce lien invisible mais réel tisse globalement une vaste toile cosmique, d’ampleur illimitée, et nous relie à elle. Il redéfinit la notion d’individualité. Il nous rend tous, à des degrés divers, interconnectés.

Nous sommes reliés à l’univers. Le moi devient holistique, et infiniment plus vaste que les confins corporels du moi apparent.

Ceci confirme certaines intuitions des grands mystiques. Par exemple, ce moi holistique correspond parfaitement à cette image célèbre proposée jadis par un moine bouddhiste.

Pour ce moine, le moi apparent est comme une louche d’eau prélevée sur l’océan. Il fait partie du ‘grand tout’, d’où il est extrait l’espace d’une illusion et d’un instant. Il est impermanent, et retournera finalement à ce grand tout éternel.

De même, il rejoint la vision transpersonnelle, qu’évoque la citation suivante :  »Le moi transpersonnel est une portion d’un Moi universel, comme une goutte d’eau fait partie de l’océan. » (Boggio Gilot 1992)

Notons en outre que l’inconscient trouve naturellement sa place dans cette approche. Il s’enracinerait dans le ‘psi’ latent.

L’interconnexion du ‘psi’ conduit naturellement à retrouver la notion d’inconscient collectif de Carl G. Jung. L’envergure holistique du psychisme a bien d’autres conséquences encore.

Elle ouvre une fenêtre sur certains faits qualifiés de ‘paranormaux’.

Le paranormal regroupe d’inévitables pseudo-phénomènes sans consistance, mais peut-être aussi quelques faits simplement inintelligibles car inexpliqués. (Girard 1996, Ranky 1996, Vexiau 1996, Wallon 1999.)

La conscience humaine, par exemple, ne mériterait-elle pas d’entrer dans cette catégorie ?

Je m’en tiendrai à quelques mots sur ces phénomènes tabou, mais éventuellement concevables dans le cadre élargi de la psychomatière. La télépathie par exemple, est conséquence directe de l’interconnexion du ‘psi’.

Cette interconnexion, indifférente à la distance, noue des liens inter-psychiques, c’est-à-dire télépathiques. D’innombrables études statistiquement validées attestent aujourd’hui de la réalité de la télépathie.

Si l’interconnexion du ‘psi’ peut véhiculer de l’information télépathique, elle peut aussi transmettre des charges émotionnelles ou des « énergies subtiles ». Cela peut déboucher sur des guérisons à distance.

Là encore, des études américaines ont établi que des malades cardiaques guérissent mieux si des membres de leur famille prient pour eux, même à leur insu. (Ceci élimine l’effet placebo.)

La guérison à distance, c’est aussi démontré, abaisse la pression sanguine, augmente le taux d’hémoglobine, calme les maux de tête….

Pour conclure, la psychomatière nous donne de gigantesques ailes psychiques, pour que nous puissions voyager bien au-delà du monde des apparences, dans un univers d’amour et d’espoir.

Elle nous relie à d’immenses trésors cachés. Apprenons à les utiliser pour notre mieux-être personnel et collectif !

Auteur : Emmanuel RANSFORD

randsf123[at]yahoo.com (remplacer [at] par @)

Retrouvez notre interview avec Emmanuel Ransford sur la chaîne Penser quantique.


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Pour en savoir plus…

* Quelques livres :

BOGGIO GILOT, L. (1992). Il Sé Transpersonale. Ed. Asram Vadya.

GIRARD, J.-P. (1996). Psychic ou le Pouvoir de l’Esprit sur la Matière. Ed. Filipacchi.

ORTOLI, S., PHARABOD, J-P. (1984). Le Cantique des Quantiques. Ed. La Découverte.

RANKY. (1996). Vérités et Illusions de la Parapsychologie. Ed.Dervy.

RANSFORD, E. et al. (2001). Science and the Primacy of Consciousness. Ed.The Noetic Press.

VEXIAU, A.-M. (1996). Je Choisis ta Main pour Parler. Ed. Robert Laffont.

WALLON, P. (1999). Le Paranormal. Ed. P.U.F. (Coll. « Que Sais-je? »)

* Quelques articles :

RANSFORD, E. (1995). Peeking at the Conscious Brain: New Clues, New Challenges. Journal of the Western Chapter of the Alternative Natural Philosophy Association (ANPA), 5 (2), 6-26.

 » (1996). Elementary Particle or ‘Wavicle’? Seeing through the Quantum Fog. Philosophy, Proc. of ANPA 17, 217-42.

 » (1997), ‘From Naught to Aught: a Conceptual Inquiry’, Mereologies, Proc. of ANPA 18, 112-33.

 » (1998). Panpsychism, the Conscious Brain, and Exo-biological Awareness. Proc. of ANPA 18.

Cliquez sur ce lien pour accéder au site du magazine « Science de la conscience »

Le site de l’École de La Nouvelle Psychologie Spirituelle : ecole-nps.com.

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